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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Le climat varie à diverses échelles de temps. Outre la variabilité naturelle de la circulation océanique et atmosphérique, les évolutions globales du climat mettent en jeu des forçages sur des périodes allant des années aux millénaires : forçages du soleil, des gaz à effet de serre, des émissions volcaniques. A des échelles de temps plus grandes encore, d’autres facteurs comme la dérive des continents jouent leur rôle. La modélisation climatique accorde depuis ses origines un poids prépondérant aux gaz à effet de serre, notamment au CO2, et ce carbocentrisme initial s’est poursuivi jusqu’à nos jours. Mais sont-ils les seuls en cause ? Un travail récent sur le géomagnétisme suggère une réponse clairement négative.

L’équipe de Vincent Courtillot (Institut de physique du globe de Paris) s’est penchée sur les corrélations entre le champ magnétique terrestre et le climat, en l’occurrence les températures de surface. Rappelons que ce champ géomagnétique est créé par le noyau métallique liquide de notre planète et qu’il forme une sorte de bouclier protecteur dans les régions hautes de l’atmosphère, ionosphère et surtout magnétosphère.

Le graphique ci-dessous montre l’évolution au cours du XXe siècle des indices géomagnétiques moyennés par période de 11 ans (observatoires de Eskdalemuir et Sitka, ESK, SIT), de l’irradiance solaire totale (S(t)) et des températures de surface (Tglobe).

On constate une remarquable corrélation entre les courbes, qui ne décrochent (pour les températures) qu’au milieu des années 1980. Plusieurs autres travaux récents commentés sur notre site ont déjà documenté cette étroite association avec divergence récente (N. Scafetta, B.J. West, voir ici ; M. Lockwood, C. Frohlich voir ici).

Comme le soulignent les chercheurs de l’IPGP, « il y a donc de bonnes indications d’une contribution significative de l’irradiance solaire au changement climatique des trois premiers quarts du XXe siècle au moins, avec une contribution anthropogénique du CO2 ne devenant significative qu’au milieu des années 1980, bien que l’origine de cette ‘température anormale’ ne puisse pas être considérée comme démontrée ».

Une corrélation n’est pas une cause, et il n’y a aucune raison de penser que le géomagnétisme en lui-même influence le climat : « Les corrélations observées entre le climat de la Terre et le géomagnétisme ont pour l’essentiel impliqué les changements magnétiques contrôlés par des variations externes (solaires) et non internes (noyau) ». Ce sont donc les variations du flux solaire total et de son champ magnétique, associées à des variations du rayonnement cosmique atteignant notre planète, qui constituent la cause première de la corrélation observée. Ce travail confirme une précédente étude menée par la même équipe sur l’évaluation du géomagnétisme en rapport avec l’activité solaire (Le Mouël 2005). Les chercheurs proposent donc une vision élargie des mécanismes climatiques, synthétisée dans le graphique ci-après, et dans la droite ligne des hypothèses avancées par H. Svensmark (voir ici) ou N. Shaviv (voir ici) :

Vincent Courtillot et al. montrent par ailleurs que l’on trouve de bonnes corrélations à d’autres échelles de temps (en Europe occidentale sur les 1000 dernières années, en Mésopotamie sur les 4000 dernières années), même s’il manque encore des banques de données globales du géomagnétisme pour aller au-delà de telles observations locales. Mais ces travaux suscitent désormais le plus grand intérêt et c’est une nouvelle réjouissante. Après 40 ans d’une domination arrogante, le carbocentrisme est en passe de montrer ses limites : on ne progresse plus guère depuis 10 ans dans la réduction des fourchettes de sensibilité au CO2, lesquelles ont de toute façon à peine varié depuis les premiers modèles rudimentaires à 1 dimension. Du point de vue épistémologique, on pourrait dire que le paradigme carbonique entre en crise : il ne propose aucune autre perspective de progrès que des micro-sophistications marginales de ses modèles, dont l'effet est généralement d'accroître les incertitudes prédictives au lieu de les restreindre.

Le temps est donc venu de se pencher sur les déterminants bien moins connus, mais peut-être bien plus efficaces, du climat terrestre. Laissons donc les adeptes de la comptabilité carbonique égrener une à une les quelques parties par million de CO2 atmosphérique. Et tournons les yeux vers les étoiles…

Références
Courtillot V. et al. (2007), Are there connections bewteen the Earth’s magnetic field and climate ?, Earth Planetary Sci Lett, 253, 328-339.
Le Mouël J.L. et al. (2005), On long-term variations of simple geomagnetic indices and slow changes in magnetospheric currents: The emergence of anthropogenic global warming after 1990?, Earth Planetary Sci Lett, 232, 273-286.

Commentaires

En fait, la rupture de corrélation était plus spectaculaire encore au début des années 1950, ou TGlobe plongeait alors que toutes les autres valeurs affichaient des hausses spectaculaires.

 



Dans l'ensemble, ce groupe de courbes indique surtout que les données disponibles ne permettent pas d'émettre de relations stables entre elles, ou plutôt qu'il nous manque au moins un élément déterminant.

 



Mais je ne sais pas si cet élément est vraiment dans les étoiles? Après tout, notre principale source de chaleur extrême est la Terre. Nous vivons en fait sur le refroidisseur d'un gigantesque réacteur nucléaire. Et sa structure interne est mouvante.

 



Au centre de la planète, il y a une boule métallique solide flottant dans un magma. Il me semble, intuitivement, que cette boule doit bouger dans son environnement liquide, au moins un peu, sous l'influence des divers mouvements de la Terre sur elle-même, sur son orbite et peut-être aussi de l'influence des autres corps célestes. Peut-être même y a-t-il des sortes de marées internes (influence lunaire)?

 



Or de tels mouvements devraient, logiquement, avoir des conséquences sur la quantité ou la répartition de chaleur transmise du noyau vers la surface (par exemple via les océans et les volcans sous-marins). Et ainsi sur le climat. Pour comprendre les cycles en question, il faudrait modéliser le fonctionnement de la pile nucléaire Terre.

 


commentaire n° : 1 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 12:43:06
Sur l'article :

Merci pour le paradigme. C'est bien de ceci qu'il s'agit.

Serions-nous en train de sortir de cette période de «science normale» ?

#1 Il n'y a à ma connaissance (précaution oratoire) aucune chaleur d'origine nucléaire sur terre. Le seul réacteur nucléaire naturel identifié est une curiosité unique éteinte
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_nucl%C3%A9aire_naturel_d'Oklo
et pas plus de pile que de beurre en broche.
commentaire n° : 2 posté par : Marot le: 30/10/2007 13:03:10

Je retire le terme nucléaire (par précaution oratoire). Reste la vision d'un noyau central solide et probablement sphérique, où règnent des températures de plusieurs milliers de K, flottant dans un milieu liquide, lequel est en contact avec une "croûte" ayant à peu près cet aspect:
http://system.solaire.free.fr/terranime.gif
Un tel système est certainement animé de cycles complexes et pratiquement indépendants des facteurs considérés jusqu'à présent dans les modélisations climatiques. Non?

commentaire n° : 3 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 13:48:04
Conseil de lecteur , Abandonnez un peu votre ton de dénigrement et le côté "donneur de leçons" envers les institutions et les chercheurs que vous qualifiez de "réchauffistes" ou autres "carbocentristes"...  . Cela rendra vos textes plus agréables à lire avec un style  moins propagande qui augmentera votre crédibilité.

ABE
commentaire n° : 4 posté par : luc le: 30/10/2007 13:54:50
#3  Tout à fait d'accord.
commentaire n° : 5 posté par : Marot le: 30/10/2007 14:10:23
#4 "Réchauffiste", je crois ne jamais l'avoir employé, cela consonne mal, à mes oreilles du moins. "Carbocentriste", je le revendique volontiers car cela résume bien l'état d'esprit de certains chercheurs et de certaines institutions - au moins dans leur communication externe. Il se trouve que l'auteur de l'article commenté, Vincent Courtillot, a été avec quelques autres la victime d'une campagne médiatique de "dénigrement" lors d'un débat pas si lointain à l'Académie des Sciences. J'avais peut-être cela à l'esprit en rédigeant ce texte. Car ma foi, combien de commentaires ironiques, agressifs ou méprisants ai-je lu concernant les chercheurs ayant le malheur de s'intéresser au lien soleil-climat? Real Climate offre une bonne illustration de la chose, bien qu'animé par des chercheurs supposés plus pondérés que les commentateurs. Mais vous avez peut-être raison sur le fond, je retiens votre conseil de modération... sans promettre de toujours le suivre, car l'actualité climatique dans le prisme alarmiste a hélas le don d'éveiller ma colère.
commentaire n° : 6 posté par : Charles Muller le: 30/10/2007 17:08:59
Cela permet de renforcer la thèse de William Gray, par exemple.
Ainsi, Real Climate réfute son hypothèse comme totalement fantaisiste parce que la circulation thermohaline ne pourrait pas "générer" de la chaleur, comme ses travaux le laisseraient entendre.
Mais il est en fait pratiquement certain, au contraire, que les courants marins puisent de la chaleur au fond des océans et il est extrêmement probable que cette quantité de chaleur évolue en fonction des cycles du système interne de la planète.
commentaire n° : 7 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 17:23:38
#7, Alain,
Le flux de chaleur provenant de la Terre, c'est 0,04 W/m2. C'est donc totalement négligeable par rapport à l'énergie venant du soleil, dans les 350 W/m2 voire du forçage par le CO2 (1.6W/m2 depuis 150 ans).

Charles, la corrélation entre magnétisme solaire et magnétisme terrestre suppose que ce dernier dépend du soleil. Quel serait le mécanisme qui explique que le géomagnétisme constitué par le noyau (!) de la terre puisse avoir une influence extraterrestre ? (c'est peut-être déjà expliqué dans les liens du fil auquel cas je m'excuse).
commentaire n° : 8 posté par : miniTAX le: 30/10/2007 17:47:33
Le mécanisme en question est la déviation d'une partie des rayonnements ionisés (les ceintures de Van Allen qui protègent la terre d'un impact direct du vent solaire).
Les variations d'altitude et d'intensité du géomagnétisme ont un impact direct sur l'efficacité des ceintures de Van Allen... et donc sur la quantité de particules chargées qui atteignent l'atmosphère...
(à relier ensuite avec la condensation et la nébulosité)
commentaire n° : 9 posté par : laurent le: 30/10/2007 18:33:16

#8 -- Le flux de chaleur provenant de la Terre, c'est 0,04 W/m2.
Ces mesures d'émission sont prises à la surface ou à des profondeurs modestes. De plus, il semble qu'elle servent aussi à prouver le réchauffement. Comment établit-on que ce réchauffement vient du haut? Simplement parce que l'émission de chaleur est faible à la surface? En fait, la texture du sol est très irrégulière et à une certaine profondeur, la chaleur émise par la Terre devient forcément prépondérante. Il se pourrait que cette limite remonte, ou qu'elle remonte à un ou plusieurs endroits déterminants. Ou qu'elle y soit remontée il y a 20 ou 30 ans ans et qu'elle soit retombée depuis. Cela ne changerait pratiquement rien à l'émission mesurée à la surface, mais les eaux seraient plus chaudes.

commentaire n° : 10 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 20:26:32
Alain,
Le flux de 0,04 W/m2, c'est ramené à la surface. En moyenne, le flux géothermique est donc négligeable et considérée de toute façon comme constant (alors qu'un forçage, c'est ce qui EN PLUS).

Par contre, il se peut qu'il y ait des variations locales dues aux activités sismiques comme par exemples la faille de Lomonosov sous l'océan arctique qu'on connait très peu : http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim/biblio/pigb12/04_ocean.htm
commentaire n° : 11 posté par : miniTAX le: 30/10/2007 20:59:17
#9 je ne suis pas sûr de te comprendre. Ma question était pourquoi le géomagnétisme (généré par la dynamo du noyau) est synchrone au magnétisme solaire !
commentaire n° : 12 posté par : miniTAX le: 30/10/2007 21:03:29

Hors sujet mais intéressant: http://www.coaps.fsu.edu/~maue/tropical/
Unless a dramatic and historical flurry of activity occurs in the next 9 weeks, 2007 will rank as a historically inactive [Tropical Cyclone Activity] year for the Northern Hemisphere as a whole. During past 30 years, only 1977 has had less activity to date Jan 1-Oct 30.

commentaire n° : 13 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 21:31:44
miniTAX: Vous dires qu'"on connaît très peu" des phénomènes qui produisent "un réchauffement important de la couche d'eau Atlantique qui s'écoule le long des talus continentaux situés au sud et à l'est du bassin Eurasien ainsi qu'une pénétration plus avant vers l'est dans le bassin de Makarov de cette eau chaude et salée". Le réchauffement de cette eau, s'il provient du fond, peut-il disparaître dans un centième de W/m2? Et sinon, pourquoi admettre qu'il provient de l'atmosphère?
commentaire n° : 14 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 30/10/2007 21:52:52
#8 miniTAX
Pour être plus précis, les courbes du géomagnétisme reprises dans Courtillot 2007 ci-dessus proviennent du premier travail de Le Mouël et al 2005. Sous réserve que j'ai bien compris, on distingue au sein du champ magnétique terrestre  le champ moyen (assez constant sur des durées assez longues, provenant du dipole interne) et le champ de variation (composante variant sans cesse, en raison de l'interaction électromagnétique avec le flux solaire et cosmique en haute atmosphère). La courbe que l'on observe ici est constituée par mesures à haute fréquence du champ de variation, à partir des observatoires permettant une telle reconstitution sur un siècle. L'index géomagnétique est constitué par l'amplitude (maximum versus minimum) des valeurs horaires moyennes de chaque composante du vecteur magnétique (une autre technique, revenant au même, fonde l'index de géomagnétisme sur la somme des carrés des différences des valeurs horaires successives sur une journée).
commentaire n° : 15 posté par : Charles Muller le: 30/10/2007 21:53:47

Alain , Marot


je ne voudrais pas entrer dans des discussions de spécialistes, mais le flux géothermique est pour une certaine proportion (50? 70%? selon les références) d'origine nucléaire et lié à la fission de U, TH et K de la croûte, le reste étant de l'énergie latente de cristallisation du manteau et du noyau héritée de la formation du système solaire.


Après on peut discuter de son impact sur le climat; je suis persuadé que son importance est grande via la circulation thermohaline, à condition de se sortir de la variabilité climatique de courte durée

commentaire n° : 16 posté par : the fritz le: 30/10/2007 22:07:02
#1 Alain, vous avez raison sur le décrochage observable entre 1940 et 1955, je me suis déjà posé plusieurs fois la question. C'est très intéressant, puisqu'à la même époque les GES commençait une croissance vigoureuse, donc tous les forçages semblent à la hausse. On peut y voir un effet de la variabilité "chaotique", peut-être liée à la circulation océanique. Ou alors cela met en jeu les aérosols anthropiques (je ne crois pas qu'il y ait eu de volcanisme important à cette époque). La stagnation puis baisse en question est plus marquée ans l'HN et les basses latitudes, mais l'HS connaît aussi une pause.
commentaire n° : 17 posté par : Charles Muller le: 30/10/2007 22:55:40

Une corrélation n’est pas une cause, et il n’y a aucune raison de penser que le géomagnétisme en lui-même influence le climat.


Vous avez bien raison de le souligner en préambule, d'autant que l'évolution de la courbe de température, ses points d'inflexion, semblent bien ici précéder celles des indices géomagnétiques (à définir brièvement) même moyennés sur 11 ans. Il faut aussi nous éclairer sur le mécanisme qui lie éventuellement le géomagnétisme à la nébulosité de la Terre et ainsi à son climat. Pour le moment la température monte et le géomagnétisme baisse. On n'est donc pas près de changer de paradigme...

commentaire n° : 18 posté par : BOYER Bruno le: 31/10/2007 00:20:46
Les auteurs le précisent bien : le géomagnétisme n'est pas une cause des variations climatiques, mais plutôt un (nouveau) proxy des variations du rayonnement solaire/cosmique.

Le changement de paradigme (#18) ne se fera pas rapidement pour une raison simple : le climat est lent, donc il faudrait en tout état de cause une ou deux décennies de ralentissement de la hausse, stagnation ou baisse pour que l'on s'avise ouvertement du mauvais calibrage des modèles et des mauvais présupposés à la base. (Sauf peut-être si l'on avait un grand minimum solaire comme Dalton ou Maunder, ce qui permettrait de mettre tout le monde d'accord avec une réaction assez rapide du climat et une observation en temps réel des poids respectifs de chaque facteur ; mais si le cycle 24 continue à la baisse comme le cycle 23, cela sera déjà intéressant).

Le poids relatif du CO2 / la sensibilité climatique à son doublement n'est pas le seul domaine où les modèles climatiques ont des jours difficiles devant eux. Il y a aussi les questions de turbulences et d'imprédictiblité quand on réduit les mailles en basse couche pour essayer de faire des prévi. régionales, la complexité combinatoire des différents facteurs que l'on ajoute peu à peu (la végétation, les pompes biologique et physique du carbone, etc.)
commentaire n° : 19 posté par : Charles Muller le: 31/10/2007 02:16:13
Je poserais comme hypothèse qu'il y a une erreur de raisonnement, dans le modèle climatique, à considérer que la Terre est un système fermé à sa surface terrestre. Il faut inclure l'atmosphère (et peut-être plus). À la surface, nous sommes en fait toujours à l'intérieur du système, donc soumis à des transferts thermiques. Pour le système Terre, l'atmosphère est une sorte de poche de gaz, où la température se distribue très largement, et la limite, le véritable lieu de l'émission, se situe au-delà de cette poche. De sorte que le système peut fort bien augmenter la température à la surface (dans la "poche de gaz" où nous vivons) et la baisser ailleurs.
Quelle quantité des divers matériaux très chauds situés sous l'écorce terrestre devrait perdre quelle quantité de chaleur pour produire une augmentation de 0,6°C à la surface?
commentaire n° : 20 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 10:22:13
"Pour le moment la température monte et le géomagnétisme baisse. On n'est donc pas près de changer de paradigme..."

#18 A ce compte, on peut aussi dire que la corrélation solaire a été bonne sur 90 ans alors que la corrélation avec le CO2 ne l'a été que sur 10 ans mais ne l'est plus actuellement (stabilisation de la température alors que les émissions sont en hausse de 3%/an), donc le paradigme des GES ne repose que sur du vent.

La température ne monte plus depuis 6 ans (CRU, satellites, radiosondes), tenez-vous au courant !
commentaire n° : 21 posté par : miniTAX le: 31/10/2007 10:47:36
"Je poserais comme hypothèse qu'il y a une erreur de raisonnement, dans le modèle climatique, à considérer que la Terre est un système fermé à sa surface terrestre."

#20 Hypothèse fausse! D'où tenez-vous que le bilan à la surface est erronné dans les modèles ?

Alain, de manière générale, vos hypothèses, c'est bien, mais il faudrait des chiffres, des références, des publications. Sans ordre de grandeur, on peut discuter de tout et de n'importe quoi !
commentaire n° : 22 posté par : miniTAX le: 31/10/2007 10:51:30
#22 Précisément, nous n'avons pas de chiffres (?) permettant d'établir la supposée insignifiance, régulière et permanente de surcroît, des échanges thermiques entre l'atmosphère et le reste du système Terre. Et nous discutons bel et bien dans le vide. Non?
commentaire n° : 23 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 11:14:30
#23
La perte de chaleur endothermique de la Terre dans l'atmosphère, c'est de l'ordre 0.04 W/m2, valeur citée précédemment. Il n'y a besoin de rien d'autre pour le bilan concernant cette partie.
Si vous n'êtes pas d'accord avec ces chiffres, il faudrait citer vos chiffres, publications, auteurs... mais pas continuer à faire des spéculations.
commentaire n° : 24 posté par : miniTAX le: 31/10/2007 14:19:27

#24 Je ne conteste pas que le sol soit froid quand il fait nuit, mais je préfère parler alors de transfert thermique. Et je pense que ce transfert, dans les milieux sous-marins, est trop mal connu pour être simplement négligé. Et que des eaux  "soudain" plus chaudes peuvent fort bien provenir d'un échange thermique entre la chaleur de la Terre et les océans.
Je vais tenter de dénicher des éléments de réflexion sur ce thème, et nous verrons. En voici un:
http://www.ldeo.columbia.edu/~julieneg/DEA_JEG_2002.pdf
Les auteurs s'intéressent en fait aux circulations abyssales, pas aux bilans thermiques, mais ils utilisent en fait les mêmes éléments de base et bousculent certaines conceptions, ce qui donne à réfléchir. Ils établissent par exemple que le flux géothermique a une importance sensiblement plus importante sur la circulation abyssale qu'on ne le croyait (réfutation notamment de Joyce et al, 1986). Cet effet influence à son tour les mélanges, la formation et les transformations des masses d'eau, et cela a aussi un certain effet thermique.

commentaire n° : 25 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 14:57:10
Question à miniTAX :

Les 0,04 W/m² concernent-ils les terres émergées seules ?

Merci.
commentaire n° : 26 posté par : Marot le: 31/10/2007 15:02:46
 0,04W/m2 est le flux moyen de la croute continentale;  au niveau de la croute océanique on admet un flux de 0,07 W/m2, mais avec une croute de 10Km d'épaisseur, 1000°C à la base, 4°C au fond des océans et une conductivité de 2,08W/m/°K (moyenne pour un basalte) on aboutit à un flux de 0,2 W/m2
commentaire n° : 27 posté par : the fritz le: 31/10/2007 15:48:34
Courtillot ecrit:
1)"Solar variability results in forcing with decadal to millennial fluctuations with an
amplitude ~ 1–2 W.m-2. The range for CO2, which becomes significant mainly after 1800, is
~ 2 W.m-2."
Il confond TSI avec radiative forcing.
2) ESK et SIT d'un cote et S (la courbe de Solanki) ont des unites differentes. Pour cela la procedure de normalisation. Pour la normalisation de S Courtillot prend seulement les donnees a partir de 1950 et oublie les donnees 1900 jusqu a 1950 (qui se trouvent quand meme dans le papier cite) avec une augmentation beaucoup plus important que apres 1950. Ca change completement la tete de la courbe et augmente la correlation dans la figure en haut.
commentaire n° : 28 posté par : JulesetJim le: 31/10/2007 15:51:00
Pour la première remarque, je suppose que Courtillot et al. incluent comme forçage dans leur estimation 1-2 W/m2 les effets radiatifs du soleil non pris en compte (voir l'estimation de 1,5W/m2 attachée au rayon cosmique plus loin, dans la section 4), mais ce n'est pas clair en effet. Les estimations actuelles de forçage stricto sensu, c'est-à-dire de variations TSI ramenées au sommet de l'atmosphère, oscillent entre -0,2 W/m2 et 0,4W/m2 pour le dernier millénaire dans le texte de Crowley 2000 cité dans le papier, soit une amplitude maxi. de 0,6 W/m2 au cours du dernier millénaire. (Aujourd'hui, Wang & Lean sont un peu en-dessous, Solanki & Krivova un peu au-dessus).

Pour la seconde remarque, je n'ai pas accès au papier direct, mais à la Harold Jeffrey Lecture 2002 de Solanki (faite sur la base de Solanki A&A 2002). La figure 11 reproduit la double courbe S et Ts depuis 1860,  Commentaire de Solanki :
Obviously, prior to roughly 1980 the solar irradiance on the whole ran parallel to and even  slightly ahead of the Earth’s temperature.
Lien : http://www.blackwell-synergy.com/doi/pdf/10.1046/j.1468-4004.2002.43509.x
commentaire n° : 29 posté par : Charles Muller le: 31/10/2007 16:56:06

L'eau retient mieux la chaleur que l'air. Il faut plusieurs milliers de fois moins d'eau que d'air pour absorber la même quantité de chaleur.
Une plus grande partie de la chaleur du flux géothermique de la croûte océanique est transmise à l'eau au fond des océans (contact solide-liquide) qu'à la surface (contact liquide-air ou solide-air). La majeure partie de la chaleur de l'eau est donc transmise aux sols plus froids qu'elle, ou stoquée.
Cela n'a-t-il pas pour effet de multiplier un impact ponctuel du flux géothermique sous-marin dans certaines conditions (lorsque certains courants passent à certains endroits)? Et de rendre cet impact pratiquement imprévisible, à cause de cycles longs, complexes et indépendants du climat de surface?

commentaire n° : 30 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 17:20:42

Le trou dans la couche d'ozone 2007 devrait battre des records

 



http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2776

 




 




 



Le trou de la couche d’ozone s’est réduit de 30% par rapport à son record de l’année dernière.

 




 



http://www.theozonehole.com/2007hole.htm

 




 



Qui croire ?

 


commentaire n° : 31 posté par : Abitbol le: 31/10/2007 17:50:57
#31 Les deux sont corrects, avec env. 17 mégatonnes en août. Mais le premier article (qui date d'août) était alarmiste, alors que le deuxième (en octobre) avait pu voir la courbe se briser. 
commentaire n° : 32 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 18:07:47

http://www.nasa.gov/multimedia/nasatv/on_demand_video.html?param=http://mfile.akamai.com/20356/mov/etouchsyst2.download.akamai.com/18355/qt.nasa-global/ccvideos/jpl/earth20071001-480cc.mov
Si la glace fond si massivement dans l'Arctique, ce serait plutôt (les experts sont prudents) à cause d'une conjonction ponctuelle très particulière des vents qu'à cause d'un réchauffement.

commentaire n° : 33 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 31/10/2007 19:17:54

miniTAX* : La température ne monte plus depuis 6 ans (CRU, satellites, radiosondes), tenez-vous au courant !


C'est pas qu'à moi qu'il faut le dire. Ne vous inquiétez plus, gens de cette planète, et renseignez-vous : la température ne monte plus, ce n'était qu'une idée, une rumeur de plus, pas de quoi s'affoler. Il fallait juste casser le thermomètre (ou l'embarquer dans des satellites..)

commentaire n° : 34 posté par : BOYER Bruno le: 31/10/2007 23:21:15
Je ne trouve pas de mesures empiriques de la chaleur dégagée par la Terre au fond des océans? Le flux géothermique moyen semble avoir été calculé, admis (cf. #27). Cette moyenne est certainement exacte, mais qu'en est-il de la variation possible? N'est-il pas vraisemblable que le flux géothermique océanique puisse connaître des écarts considérables, vu les phénomènes thermiques en jeu sur les dorsales? Si un événement ponctuel ou cyclique lent (cf. #3) venait multiplier provisoirement par 2, 5, 10, 100, 1000, n, le dégagement de chaleur le long d'une dorsale (donc sur des milliers de km), le remarquerait-on, en tant que tel? Sur une moyenne géologique, la différence disparaîtrait en quelques siècles, mais pourrait provoquer une petite vague de chaleur, retardée, à la surface pendant quelques décennies. Et plus les océans sont chauds, moins ils conservent de CO2.
commentaire n° : 35 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 01/11/2007 06:52:54
#21, #34 (température depuis 6 ans)

Depuis 2001, on est à 0,42 °C +/- 0,2 d'anomalie / 1961-1990, c'est-à-dire stable et toujours en dessous du record de 1998 (0,52°C). 2007 est mal parti pour changer quoi que ce soit, et sera sans doute en 5e ou 6e position. (Cela pour la base Hadley, généralement convergente avec les bases satellites et l'OMM pour les bilans annuels ; les bases Nasa Giss / NOAA divergent, sans doute pour des raisons d'interpolation dans les zones où il y a peu de données).
Base Hadley : http://www.cru.uea.ac.uk/cru/data/temperature/hadcrut3vgl.txt

Même chose donc pour la base satellite RSS (supposée mieux coller que la base UAH) :
ftp://ftp.ssmi.com/msu/monthly_time_series/rss_monthly_msu_amsu_channel_tlt_anomalies_land_and_ocean_v03_0.txt

Et pour la base UAH :
http://vortex.nsstc.uah.edu/data/msu/t2lt/tltglhmam_5.2

Donc en effet, nous sommes depuis 6ans en phase stable en surface, légèrement décroissante en basse troposphère, bref en "plateau". La question à 1000 euros est bien sûr de savoir si cela va continuer. Des chercheurs se sont récemment avancés à des prévisions décennales et annoncent qu'après 2009, cela repart à la hausse avec la moitié des années 2010-2020 > 1998.
On verra bien : Hadley avait annoncé que 2007 serait probablement supérieur à 1998, et ils se sont trompés...
Ref. : Smith et al. (2007), Improved surface temperature prediction for the coming decade from a global climate model, Science, 317, 796-799

Tout cela est trop court pour conclure - cela rappelle simplement que l'on peut toujours sélectionner les données allant dans un sens ou dans l'autre. D'ailleurs, en l'absence de record de température, la rhétorique alarmiste dominante s'est tournée vers la fonte du Groenland et de l'Arctique, le niveau des mers, etc. L'esprit humain trouve toujours matière à s'inquiéter.
commentaire n° : 36 posté par : Charles Muller le: 01/11/2007 09:22:13

http://mobile2.wsj.com/beta2/htmlsite/html_article.php?id=1&CALL_URL=http://online.wsj.com/article/SB119387567378878423.html?mod=opinion_main_commentaries


WSJ, JOHN R. CHRISTY
I've had a lot of fun recently with my tiny (and unofficial) slice of the 2007 Nobel Peace Prize awarded to the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC). But, though I was one of thousands of IPCC participants, I don't think I will add "0.0001 Nobel Laureate" to my resume.
The other half of the prize was awarded to former Vice President Al Gore, whose carbon footprint would stomp my neighborhood flat. But that's another story.
Large icebergs in the Weddell Sea, Antarctica. Winter sea ice around the continent set a record maximum last month. Both halves of the award honor promoting the message that Earth's temperature is rising due to human-based emissions of greenhouse gases. The Nobel committee praises Mr. Gore and the IPCC for alerting us to a potential catastrophe and for spurring us to a carbonless economy.
I'm sure the majority (but not all) of my IPCC colleagues cringe when I say this, but I see neither the developing catastrophe nor the smoking gun proving that human activity is to blame for most of the warming we see. Rather, I see a reliance on climate models (useful but never "proof") and the coincidence that changes in carbon dioxide and global temperatures have loose similarity over time.
commentaire n° : 37 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 01/11/2007 16:45:41
Alors si même les gens de l'IPCC s'y mettent, je vais finir par vous croire... D'autant que ce soir, ici on se les gèle...
commentaire n° : 38 posté par : BOYER Bruno le: 01/11/2007 21:18:14

re #13: la référence était mauvaise, semble-t-il. Voilà quelque chose de plus solide: http://pajamasmedia.com/2007/11/storm_season_wrapup.php 
Avec une bonne conclusion:
Whatever our positions on global warming and related political issues, we should all be happy that the 2006 and 2007 hurricane seasons have turned out to be relatively less devastating than some other recent seasons — and we should use that relative inactivity not as an excuse to grow complacent, but as an opportunity to get ready for the next big storm. Because there will be another big storm. That’s one inconvenient truth that nobody can deny.

commentaire n° : 39 posté par : Alain Jean-Mairet (site web) le: 10/11/2007 21:23:04
Pour ceux que cela interesse, un site sur le soleil et le climat : http://la.climatologie.free.fr/soleil/soleil.htm#effets
commentaire n° : 40 posté par : anthony le: 12/11/2007 07:08:33
A noter aussi qu'une équipe de géophysiciens sous la houlette du Professeur Nicolas Thouveny (CEREGE - Université Aix Marseille) a également établis des rapports entre la susceptibilité magnétique dans les carottes de sédiments (campagne sur le Marion Dufresne dans le cadre du projet Image me semble il) et les cycles climatiques de Dansgaard-Oschger.

Les recherches ont d'ailleurs fait l'objet d'un papier de l'IPSL en 2000 (EN).
commentaire n° : 41 posté par : Tristan le: 11/04/2008 23:00:47
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