Une étude paraissant cette semaine dans Science confirme que les aérosols contribuant au refroidissement de la surface ont connu une baisse régulière depuis le début des années 1990, baisse cohérente avec la hausse de l’insolation observée par ailleurs. Ces phénomènes expliquent en partie les variations récentes de température que le carbocentrisme attribue aux seuls gaz à effet de serre. Les chercheurs de la NASA (Goddard Institute for Space Studies) ont utilisé la base la plus ancienne du Global Aerosol Climatology project, composée des mesures des capteurs satellitaires AVVRH, continues entre août 1981 et juin 2005. Il est à noter que ces capteurs n’étaient pas initialement destinés à une évaluation spécifique des aérosols, raison pour laquelle l’interprétation des mesures de radiance reste sujette à caution.
L’analyse par ciel clair de l’épaisseur optique des aérosols (AOT) de la couche atmosphérique révèle la présence des deux éruptions majeures des dernières décennies, El Chichon (1982) et Pinatubo (1991). En dehors de ces pics, la tendance 1981-1986 est stable, mais la période 1991-2005 est marquée par une lente décroissance de l’épaisseur optique de l’atmosphère.

Commentaire des auteurs :
« Nos résultats suggèrent que la récente tendance à la baisse de l’AOT de la troposphère peut avoir contribué à la tendance simultanée à la hausse des flux solaires en surface. Ni les radiomètres AVVRH ni les autres instruments satellitaires ne peuvent être utilisés pour déterminer de manière non équivoque si cette récente tendance de l’AOT est due à des changements globaux à long terme des aérosols anthropiques ou naturels ». Au total, la tendance 1991-2005 représente une baisse d’environ 20% de l’AOT.
Ce travail conforte bien sûr les précédentes recherches sur les phénomènes d’assombrissement / éclaircissement global (
global dimming / brightening), que nous avons commentées à plusieurs reprises sur ce site (voir
ici et
ici). La hausse récente et soutenue des températures semble avoir en partie pour cause la baisse des émissions d’aérosols anthropiques (suite aux diverses mesures contre la pollution des années 1970 et 1980) ainsi que la baisse de la nébulosité (due en partie à ces aérosols, qui favorise la condensation, et peut-être à la variabilité naturelle), les deux processus ayant entraîné une augmentation de l’insolation de surface.
Ces phénomènes sont difficiles à mesurer. Et plus encore à modéliser, les performances des modèles climatiques étant particulièrement médiocres quand il s’agit de simuler les processus à méso-échelle et échelle aérologique. Cela n’empêche pas le GIEC de proclamer avec assurance sur la base de ces mesures incomplètes et de ces modèles imparfaits que la hausse récente des températures est « très vraisemblablement » due aux gaz à effet de serre. Sans toucher un mot aux décideurs ni aux médias de l’évolution des aérosols, des nuages et de l’insolation.
Référence :Mishchenko M.I. et al. (2007), Long-term satellite record reveals likely recent aerosol trend,
Science, 315, 1543.
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