Doit-on penser que le GIEC expose correctement le consensus des chercheurs, ainsi que les questions importantes en sciences du climat ? Dans une récente livraison de la revue Eos, Gerald Stanhill pose ouvertement la question. Il constate l’indifférence totale des rapports du GIEC aux phénomènes d’assombrissement / éclaircissement global des années 1960-80 et 1980-2000, malgré leur importance dans l’évolution du climat.Il n'a sans doute échappé à personne que les journées nuageuses sont généralement plus fraîches que les journées ensoleillées. Et inversement pour les nuits, plutôt adoucies par une couverture de nuages. Quand on veut analyser les températures de surface et leur évolution, l'une des premières choses à faire semble donc de vérifier que la nébulosité ou l'insolation ne changent pas sur le long terme. Apparemment, ce qui est évident pour vous et moi ne l'est pas pour le GIEC, bien plus préoccupé à observer à la loupe des gaz représentant quelques parties pour millions ou pour milliards du volume de l'atmosphère.
Nous avons eu l’occasion de souligner à plusieurs reprises sur ce site l’importance des phénomènes d’assombrissement global (
global dimming, 1960-1984) et d’éclaircissement global (
global brightening, 1985-2002). Depuis que le phénomène a été signalé en 1974, plus de 70 articles
peer-reviewed se sont penchés sur la question pour le seul assombrissement global (bibliographie
ici). Et la période plus récente de hausse d’insolation a déjà donné lieu à bon nombre de publications depuis le début des années 2000. Les lecteurs intéressés pourront lire nos commentaires des travaux de
Pinker 2005 et Wild 2005, de
Wong 2006.
Ces changements pluridécennaux dans la quantité d’énergie solaire reçue à la surface représentent des variations énergétiques plus importantes que celles mesurées au sommet de l’atmosphère dans le bilan radiatif du GIEC. On peut donc s’attendre à ce que ces phénomènes suscitent le plus grand intérêt et soient pris en compte pour comprendre l’évolution des températures de surface.
Il n’en est rien. Le phénomène n’occupe que quelques pages indécises dans le dernier rapport du GIEC. Il est ignoré du grand public.

Dans l’édition du 30 janvier 2007 de la revue
Eos, publiée par l’American Geophysical Union (AGU), Gerald Stanhill (photo) jette un pavé dans la mare. Ce chercheur à l'Institut du sol, de l’eau et de l'environnement (Bet Dagan, Israël) est l’auteur de nombreux papiers sur la question. Il remet directement en question le fonctionnement du GIEC et la nature du consensus climatique actuel.
Voici quelques extraits de son texte :
« Cela fait maintenant 30 ans que le premier article attirant l’attention sur une large réduction du rayonnement à ondes courtes a été publié (…). Cette découverte a été suivie de plus de 70 autres articles (…)« Aucune référence à ces travaux n’est apparue dans les trois rapports massifs publiés par le GIEC au cours des 15 dernières années. Cette omission est surprenante au vu des conséquences pratiques importantes des changements d’insolation de surface et de leur signification théorique pour le changement climatique. Ces conséquences tiennent au rôle prédominant de l’énergie solaire dans les cycles de l’eau, du carbone et de l’atmosphère. (…)« Cette omission de référence à ces changements dans les rapports du GIEC amène à se poser la question de la confiance que l’on peut placer dans un système de consensus scientifique imposé par le haut (top-down) qui ignore un élément aussi majeur et significatif dans le changement climatique.
« Une autre question, plus fondamentale, est de savoir si notre compréhension du changement climatique est actuellement suffisante pour produire une vue consensuelle utile. Le changement climatique est-il une science ou une trans-science, posant des questions dans le langage de la science, mais qui sont au-delà de sa capacité actuelle à répondre ? ».Espérons que ces propos vigoureux lancés dans une revue très lue des physiciens du climat, amènent enfin les langues à se délier, et la communauté des chercheurs à sortir du consensus factice imposé par l’exercice politique du GIEC.
RéférencesStanhill G. (2007), A perspective on global warming, dimming, and brightening,
Eos, 88, 5, 58-59.
Le texte peut être téléchargé
ici (pdf, anglais)
Quelques travaux de G. Stanhill :Stanhill G., S. Cohen (1997), Recent changes in solar irradiance in Antarctica,
Journal of Climatology, 10, 2078-2086.
Stanhill G. (1998), Long term trends in, and spatial variation of, solar irradiances in Ireland,
International Journal of Climatology, 18, 1015-1030.
Stanhill G., S. Cohen (2001), Global dimming: a review of the evidence for a widespread and significant reduction in global radiation with discussion of its probable causes and possible agricultural consequences,
Agricultural and Forest Meteorology, 107, 255-278.
Stanhill G. (2005), Global Dimming: A new aspect of climate change,
Weather, 60, 11-14.
Stanhill G., S. Cohen (2005), Solar radiation changes in the United States during the twentieth century: Evidence from sunshine duration measurements,
Journal of Climate, 18, 1503-1512.
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