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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Le Résumé pour décideurs 2007 confirme la part humaine dominante dans le réchauffement récent. Une assertion qui relève en dernier ressort de l’intime conviction des experts, et non d’une quantification exacte. Car cette dernière est toujours impossible en l’état des incertitudes structurelles des modèles comme des incertitudes sur les mesures du XXe siècle, ce que le Rapport complet reconnaît. Nota : ces articles sont susceptibles d’être mis à jour, en fonction de nos lectures ou des critiques que vous pourrez apporter dans la fonction commentaire et qui seront, le cas échéant, intégrées dans le texte.


A retenir :

• Le GIEC confirme comme « très vraisemblable » l’attribution aux gaz à effet de serre anthropiques de l’essentiel du réchauffement observé ces cinquante dernières années.

• Cette confiance n’a aucune base solide, puisque le même GIEC reconnaît dans son Rapport complet des carences importantes dans l’analyse des incertitudes d’évaluation des forçages comme dans la compréhension des incertitudes structurelles des modèles.

• Que les gaz à effet de serre anthropiques contribuent au réchauffement moderne (1750-2005) et au réchauffement récent (1950-2005) est une quasi-certitude. Mais la part exacte des gaz à effet de serre dans les tendances observées ne peut pas être raisonnablement évaluée sur des périodes courtes (réchauffement récent), avec des amplitudes faibles (0,5 °C) et des mesures médiocres. La qualification choisie par le GIEC (« très vraisemblable ») est donc le simple avis d’un nombre restreint d’experts regroupés autour des auteurs principaux du Rapport, et non le résultat d’une analyse quantitative / qualitative précise.



GIEC : L’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne globale depuis le milieu du XXe siècle est très vraisemblablement dû à l’augmentation observée des gaz à effet de serre anthropiques. Ceci constitue un progrès par rapport à la conclusion du troisième Rapport : « l’essentiel du réchauffement observé au cours de 50 dernières années était vraisemblablement dû à l’accroissement de la concentration en gaz à effet de serre ».

Commentaire :

• Pour déterminer la part des gaz effet de serre anthropique dans le changement climatique, on doit procéder à une détection-attribution. Le GIEC en donne les définitions suivantes. Détection : démonstration que le climat a changé dans un sens statistique défini, sans donner de raison à ce changement. Attribution : établissement des causes les plus probables pour un changement détecté avec un certain niveau de confiance.

• Le phénomène dont on recherche les causalités est ici le réchauffement des températures de surface constaté depuis la seconde moitié du XXe siècle. Ce réchauffement est statistiquement significatif depuis 1977. Il représente environ 0,5 °C (0,4-0,6) sur les trois dernières décennies, à des rythmes inégaux selon les décennies.

• Une attribution-détection suppose donc des mesures fiables (pour la détection) et des modèles fiables (pour l’attribution). En 2007, ni l’une ni l’autre de ces conditions ne sont remplies. Il existe une marge d’erreur importante (facteur 4) dans les forçages anthropiques intégrés (0,6 à 2,4 W/m2), de même qu’une variation importante (facteur 2) dans la sensibilité transitoire du climat au CO2 (1,3 à 2,6°C pour un doublement).

• Pour procéder à une détection-attribution sur la période 1950-2005 et pour conclure que les gaz à effet de serre représentent « l’essentiel de l’accroissement de température », on doit avoir au minimum des mesures correctes de l’ensemble des facteurs pertinents pour l’évolution des températures de surface. Ce n’est pas le cas. A titre d’exemple, nous ne sommes pas capables de fournir une estimation fiable des émissions d’aérosols sur ces cinquante dernières années ; nous ne sommes pas capables de fournir une estimation fiable de l’évolution de la nébulosité sur ces cinquante dernières années ; nous ne sommes pas capables de fournir une estimation fiable de l’évolution de l’irradiance totale et spectrale (du soleil) sur ces cinquante dernières années ; nous ne sommes pas capables de fournir une estimation fiable de l’évolution du contenu de chaleur des océans sur ces cinquante dernières années.

• Le GIEC reconnaît explicitement la nature de ces problèmes dans le texte du rapport complet (SD-9.1.2) : « Les incertitudes des modèles et des forçages sont des considérations importantes dans la recherche d’attribution. Idéalement, l’analyse de l’incertitude des modèles devrait inclure les incertitudes dans leurs paramètres (par exemple, explorée par des ensembles multi-modèles) et dans la représentation des processus physiques (incertitude structurelle). Une telle analyse n’est pas encore disponible, bien qu’une recherche ayant cette finalité soit en cours et que les études d’intercomparaison des modèles continuent d’améliorer notre appréciation de ces incertitudes. Les effets des incertitudes de forçage, qui peuvent être considérables pour certains agents comme le soleil ou les aérosols (9.2), sont également difficiles à évaluer, en dépit des avancées de la recherche ».

• Malgré cela, le GIEC tient comme « robuste » l’attribution aux gaz à effet de serre d’une partie essentielle des 0,5°C de hausse constatés en cinquante ans. C’est une évidente contradiction dans les termes. Mais à nouveau, le Rapport complet prend soin de préciser l’origine de ce jugement (SD-9.1.2) : « Les approches utilisées dans la recherche de détection et d’attribution ne peuvent rendre pleinement compte de toutes les incertitudes, et en dernier ressort le jugement des experts est utilisé pour estimer la vraisemblance qu’une cause spécifique est responsable d’un changement climatique donné ».

• Cette remarque prend sens quand on consulte la Note interne à l’usage des auteurs principaux de l’AR4. Celle-ci précise dans son point 14 : « La vraisemblance peut être fondée sur une analyse quantitative ou une sollicitation des vues des experts ». Il n’existe aucune analyse quantitative permettant ce jour d’estimer la proportion relative des gaz à effet de serre dans les causes du réchauffement (les modèles concluent au mieux que l’inclusion des facteurs anthropiques est nécessaire pour reproduire la tendance, point trivial dont tout le monde convient). Le jugement sur la part essentielle des gaz à effet de serre est donc simplement l’avis dominant des auteurs principaux et du cercle restreint des experts choisis par le GIEC.


Nota : les mentions SD renvoient au Second Draft du rapport complet du GIEC, suivies des chiffres des chapitres et paragraphes concernés.

Lien (pdf, anglais)
Notes for Lead Authors of the IPCC Fourth Assessment Report on Addressing Uncertainties

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