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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Entre un maximum glaciaire et un interglaciaire (comme le nôtre), ce sont les variations régionales du forçage solaire qui joue le rôle déterminant dans le déséquilibre du bilan radiatif. Une nouvelle étude rappelle ainsi que la fonte accélérée des glaces de l’Hémisphère Nord est d’abord due à l’insolation estivale plutôt qu’au gaz carbonique.

La comparaison entre le dernier maximum glaciaire (voici 21.000 ans env.) et la période pré-industrielle est un exercice privilégié en paléoclimatologie pour essayer d'estimer la sensibilité climatique aux gaz à effet de serre. Il s'agit des périodes récentes où l'on dispose à la fois d'une amplitude importante (5°C ± 2), d'assez bonnes données et d'un schéma de circulation général connu (contrairement à des périodes plus anciennes, où les modèles sont moins contraints en raison des évolutions importantes, notamment tectoniques, et des proxies plus difficiles à interpréter).

Comme l’a encore récemment rappelé le documentaire de fiction Une vérité qui dérange (Al Gore), il est courant dans une ceraine propagande alarmiste de mettre en avant la corrélation hausse du CO2 / hausse des températures lors des périodes de déglaciation, pour en déduire de manière hâtive et simplifiée que le CO2 dirige les températures… En fait, le CO2 n’est qu’un forçage parmi d’autres : entre un glaciaire et un interglaciaire, il faut aussi prendre en compte l’albédo des glaces (qui diminue drastiquement), l’albédo du sol (qui diminue lui aussi à cause du développement de la végétation) et l’albédo des poussières atmosphériques (qui diminue là encore). Les gaz à effet de serre ne sont donc qu’un élément parmi d’autres du bilan radiatif expliquant les 5°C ± 2 de réchauffement. Et tous les phénomènes que nous avons évoqués sont la conséquence d’une même cause initiale : les variations orbitales de la Terre autour du soleil.

Dans une étude parue le mois dernier dans les GRL, Gerard Roe (Département des sciences de la terre et de l’espace, Université de Washington) revient sur le rôle de ces cycles solaires Milankovitch dans les épisodes de glaciation et déglaciation. Lors du dernier maximum glaciaire, 85% des glaces surnuméraires par rapport à l’époque actuelle se trouvaient dans l’Hémisphère Nord. Son travail rappelle que les variations du forçage orbital en été et en hautes latitudes, associées aux variations conséquentes des glaces (et de leur albedo), sont les moteurs principaux des déglaciations. La figure ci-dessous montre la corrélation de l’insolation estivale à 65°N et du rythme de fonte des glaces (dV/dt), sur la base de sonnées SCPEMAP (Imbrie 1984) et HW04 (Huybers et Wunsch 2004) concernant l’évolution des glaces.


Gerard Roe conclut que le rôle du CO2 (passage d'approximativement 200 à 280 ppm) reste secondaire dans ce phénomène : la hausse du gaz à effet de serre suit plutôt qu'elle n'accompagne (a fortiori provoque) le retrait rapide des glaces. Ainsi, le forçage orbital semi-annuel du soleil est cinq fois supérieur aux 2 W/m2 que représente la hausse de CO2 (de 80 ppm). En conséquence, la première impulsion de réchauffement lors des transitions glaciaire / interglacaire est donnée par le couplage du forçage orbital solaire et du retrait des glaces, ce dernier diminuant l’albédo terrestre.

Référence
Roe G. (2006), In defense of Milankovitch, Geoph. Res.. Lett., 33, L24703, doi:10.1029/2006GL027817
Article disponible (anglais, pdf) ici

Commentaires

La théorie des cycles de Milankovitch est très intéressante mais elle m'a toujours paru souffrir d'une «faille».  Cette théorie semble bien expliquer le climat des derniers millions d'années (les glaciations).  Par contre, lorsqu'on remonte plus loin dans le temps, il faut faire un saut de 300 millions d'années pour retrouver une glaciation de même ampleur (la glaciation permo-carbonifère).  Est-ce à dire que l'orbite terrestre est restée stable durant 300 millions d'années?...
commentaire n° : 1 posté par : Martin le: 23/01/2007 12:24:17
C'est une question intéressante. En soi, le forçage orbital des glaciations récentes (depuis 2 Ma) ne change pas le bilan radiatif total de l'irradiance solaire (sauf le cycle d'excentricité de 100 ka). C'est surtout la disposition des terres, des océans, des glaces et de la circulation générale qui détermine le jeu des rétroactions, avec l'albedo positif de la fonte des glaces mis en avant par Roe. Dans certaines périodes plus anciennes de la Terre (le Mésozoïque et une partie du Cénozoïque par exemple), les pôles n'existaient pas comme aujourd'hui. La tectonique a donc son mot à dire si l'on analyse le climat à l'échelle géologique, c'est-à-dire en prenant le million d'années comme unité. Sur ces échelles géologiques de T, on constate en général le début des oscillations chaud-froid au cours du Cénozoïque, entre 15-30 Ma, avec une tendance accrue vers le froid jusqu'au Quaternaire (qui est considéré comme une ère glaciaire du climat terrestre). Peut-être l'englacement de la masse antarctique et la mise en place progressive de la circulation océanique thermohaline (avec le courant circumpolaire antarctique vers 30 Ma) sont-ils à l'origine de ces modifications plus récentes ayant permis aux cycles orbitaux d'imprimer leur marque sur le climat ?
commentaire n° : 2 posté par : Charles Muller le: 23/01/2007 16:27:25

Martin,


un grand nombre de séries marno calcaire du Secondaire, formée d'alternance de couches claires davantage calcaires et de couches plus foncées argileuses et plus riches en matière organique  sont interprêtées comme étant le résultat de variations climatiques liées aux cycles orbitaux; le lien probable étant la variation en profondeur de la CCD (profondeur de compensation des carbonates), elle même en relation avec la température, la circulation et la ventilation ou la stratification des couches profondes de l'océan, eux mêmes en relation avec le gradient de température entre les pôles et les tropiques.

commentaire n° : 3 posté par : Fritz le: 23/01/2007 17:21:52
La terre comme chacun sait fait partie des planetes qui finiront par disparaître je ne sais dans quels millions d'année. Il y a eu des périodes chaudes et des périodes glacières dans lesquels ont évolué des animaux aussi sympathiques que des dinosaures ou des mamouths. Heureusement que l'on ne rencontre plus ces charmantes bestioles. L'évolution du réchauffement se fait plus vite à notre époque grâce à notre monde moderne pollué par les grandes usines. Mais quoi que l'on fasse la terre continuera à évoluer. En attendant je vous invite sur mon blog où je vous donne ma vision de l'écologie. A bientôt
commentaire n° : 4 posté par : Mog (site web) le: 23/01/2007 20:12:40
Charles & Martin

Je me demande si la différence dans les alternances climatiques passées ne vient pas des différentes possibilités de reconstitution de température, bref un artefact qu'on ne pourrait jamais surmonter faute de machine à remonter le temps.

Les cycles de Milankovitch se voient très bien dans les forages glaciers. Mais ceux-ci ne remontent qu'à 700.000 ans. Les reconstitutions sédimentaires remontent plus loin mais on est loin d'avoir la résolution des carottes glacaires. Plus on remonte loin dans le temps (300 millions d'années, ça fait un bail), plus les reconstitutions de température et de CO2 deviennent spéculatives. Les graphes de paleo-température qu'on voit souvent ne représentent pas toujours la marge d'incertitude énorme, ce qui ne contribue pas à dissiper ce malentendu.

Par conséquent, je pense que comparer une température donnée par forage glacier et par sédimentation est déjà périlleux en soi, si en plus, la configuration tectonique est toute autre, ça devient un excercice purement académique.
commentaire n° : 5 posté par : miniTAX le: 23/01/2007 21:56:15

Bravo pour l'ensemble du site!


(juste une remarque, dans cet article l'image ne s'affiche pas)

commentaire n° : 6 posté par : HerbeDeProvence (site web) le: 24/01/2007 08:57:01
#5 En effet, il ne faut pas en demander plus aux proxies qu'ils ne peuvent en donner. Morphologie et sédimentologie comportent des incertitudes assez larges à l'échelle de temps géologique - par exemple l'analyse des isotopes dO18 calcite / aragonite des coquilles de fossile, très utilisée pour reconstituer l'évolution des océans, mais très fragile aussi. La reconstruction des T du dernier millénaire est déjà un exercice ardu malgré la proximité des indices et leur calibrage sur la période instrumentale. C'est encore pire en paléoclimatologie des périodes très anciennes. D'où le caractère spéculatif des débats (et les marges d'erreur conséquentes des reconstructions). Cela rappelle au passage que les paléoclimats ne permettent pas vraiment de contraindre efficacement la sensibilité climatique à 2xCO2. Même sur la comparaison dernier maximum glaciaire / pré-industriel, on trouve facilement +/- 2°C d'incertitude sur les températures globales, soit 40% de la différence moyenne le plus souvent avancée (5°C).

#6 merci. Le pb d'image, c'est un bug du serveur over blog en cous de résolution.
commentaire n° : 7 posté par : Charles Muller le: 24/01/2007 10:49:16

Réponse à Mog,


je suis allé sur ton blog et suis tombé sur immigration et racisme; ici on cherche des liens avec le réchauffement climatique pour expliquer la migration des faunes et des flores vers le Nord: sapins qui laissent la place aux chênes, invasion de balistes  dans le Bassin d\\\'Arcachon, retour des maigres sur les côtes landaises, chikungunnya dans le Sud Est, malaria dans les Dombes, disparition du hêtre dans la forêt de Rambouillet, cigognes en Alsace pendant l\\\'hiver, Taxifolia envahissante dans la Méditerranée etc.....


La montée  des populations du Sud vers nos contrée ne serait-elle pas à placer sur le même plan?

commentaire n° : 8 posté par : fritz le: 27/01/2007 15:56:43
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