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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Vous ne connaissez pas Nir Shaviv ? C'est peu surprenant. Ce jeune chercheur israélien de 35 ans, travaillant à l'Université de Jérusalem, conteste la théorie du réchauffement anthropique et suggère d'approfondir l'influence du rayonnement cosmique dans la variabilité de notre climat. Une hypothèse évidemment sacrilège à l'âge du carbocentrisme triomphant. Un bel exemple de courage dans la défense de ses convictions scientifiques. Portrait de Nir Shaviv et enjeux de ses travaux par Pierre Allemand.

Initialement convaincu de l'influence prépondérante du CO2 dans le réchauffement climatique actuel, Nir Shaviv a repris les arguments du GIEC. En constatant d'abord que, contrairement à l'idée universellement répandue, l'hypothèse anthropogénique restait une suggestion, commode certes, mais non une évidence. Ensuite, en se fondant toujours sur les publications de cet organisme, Nir Shaviv constate que l'on ne connaît ni l'amplitude des forçages anthropiques et de leurs rétroactions (tous mécanismes confondus), ni même son signe (± 0,8 W/m2) !

Concernant la relation entre la teneur en CO2 de l'atmosphère et la température, la simple comparaison de la courbe de croissance régulière du CO2 de l'atmosphère avec celle des températures permet d'émettre un doute sérieux  sur la solidité de la corrélation. Nir Shaviv devient alors sceptique. Le CO2 aurait-il choisi comme premier facteur causal du réchauffement parce que c'était le seul candidat connu ?

Hypothèses alternatives

Le jeune chercheur conçoit une tout autre explication aux changements climatiques. Il est connu que l'un des facteurs déterminant la température de la surface terrestre est la présence de nuages à basse altitude. Or, la formation de ces nuages est déterminée par l'ionisation de l'air humide, qui provoque la formation de « graines » propice à l'apparition de microgouttelettes d'eau constitutives du nuage. Et cette ionisation est elle-même provoquée par le rayonnement cosmique. Le chercheur a alors comparé les variations du flux de rayonnement cosmique avec les variations de température au cours de périodes très variées : le Phanérozoïque dans son ensemble (les dernières 550 millions d'années), le Crétacé (de -145,5 à -65,5 Ma), l'Eocène (-55,8 à -33,9 Ma), la dernière période glaciaire (-110 000 à -13 000 BP), le XXe siècle, et le cycle solaire (d'environ 11 ans). Il a ainsi établi une corrélation très nette entre le flux du rayonnement cosmique reçu par la Terre d'une part, et le bilan radiatif terrestre d'autre part. C'est ce dernier bilan, fortement influencé par l'abondance de la couche nuageuse, qui détermine in fine la température d'équilibre de la surface du globe terrestre.

Les conclusions de ses travaux sont précises : il indique qu'au cours du siècle écoulé, la variation du rayonnement cosmique reçu par la Terre a contribué à une élévation de température de 0,47 ±0,19 °K, le reste pouvant être attribué à des causes anthropiques. (Rappelons que la variation totale constatée sur le siècle est de 0,6 ± 0,2 °K). Autrement dit, l'influence des différents gaz à effet de serre d'origine anthropique sur la température du globe terrestre paraît minime par rapport à celle du couplage rayonnement solaire / rayonnement cosmique.

Nir Shaviv explique les variations observées au cours des dernières années par les variations de l'activité solaire : le vent solaire résultant de cette activité module le flux du rayonnement cosmique qui influence à son tour l'ionisation troposphérique. Il a publié ses conclusions dans un article du Journal of Geophysical Research (Shaviv 2005).

L'armada du GIEC donne l'artillerie lourde

Naturellement, la remise en cause de l'influence prépondérante du CO2 d'origine anthropique sur la température lui a valu les foudres de plusieurs représentants « orthodoxes » de la communauté scientifique. Stefan Rahmstorf ( Potsdam Institute for Climate Impact Research, Allemagne), connu pour son militantisme « anthropogénique », a réuni 10 autres chercheurs membre du GIEC et publié sous leur signature commune un démenti abondant aux allégations de Shaviv. L'affaire était sérieuse, car les arguments paraissaient convaincants. L'armada du GIEC a donc fait donner l'artillerie lourde...

Nir Shaviv a repris un à un les arguments de Stephan Rahmstorf et les a retournés calmement contre ses détracteurs, relevant au passage qu'ils ne sont pas vraiment spécialistes des domaines dont ils discutent. On trouvera ici la teneur de ces débats.

Un autre détracteur, qualifié par Shaviv lui-même de « plus scientifique » (c'est-à-dire peut-être moins politique), Dana L. Royer (Department of Geosciences and Institutes of the Environment, Pennsylvania State University),  a lui aussi contesté les conclusions de Nir Shaviv, en  introduisant un nouveau facteur correctif dans l'argumentation « officielle » sur le lien CO2 - paléoclimat : la diminution du pH de l'eau de mer induite par  la teneur atmosphérique en CO2 rendrait la courbe dite GEOCARB III, représentant la teneur en CO2 de l'atmosphère, plus conforme à l'évolution des températures de la période du Phanérozoïque.  Nouveau débat technique. Nir Shaviv montre que la correction apportée par Royer et al. ne tient pas compte de l'effet de la formation d'importantes quantités de glaces de mer durant certaines périodes du Phanérozoïque. De plus, pour être applicables, ces corrections supposent une température de l'eau élevée, incompatible avec les périodes de glaciation.

Nir Shaviv a donc répliqué à chacun de ses critiques et campe fermement sur ses positions. On ne peut qu'admirer ici la détermination de ce jeune chercheur qui n'hésite pas à se fermer sans doute durablement les portes des revues scientifiques les plus en vue pour défendre ce qu'il croit être - et il a de solides raisons pour le croire - la vérité scientifique.
Pierre Allemand


Références   
Shaviv N. (2005), On Climate Response to Changes in the Cosmic Ray Flux and Radiative Budget, JGR Space, 110, A08105, 2005.

Lien
Le blog de Nir Shaviv, avec de nombreux textes et documents disponibles.

Sur le même thème ici :
Les travaux de J. Veizer : Le CO2 ne dirige pas le climat !

Commentaires

Merci d ecrire contre l alarmisne ambiant
CO2 n est pas un poluant

nicolas
commentaire n° : 1 posté par : nicolas (site web) le: 07/12/2006 20:50:52
bonjour. En pensant trouver ici un site objectif, je m'aperçois chaque fois que jy viens qu'il s'agit du versant minimisateur des discussions sur le climat. Pour des personnes qui voudraient réellement rentrer dans un débat constructeur et non emprunt d'une subjectivité quelconque, je vous renvoie à cet article:
Variations in solar luminosity and their effect on the Earrth's Climate.
P.Foukal & al.
Nature sept 2006vol. 443
commentaire n° : 2 posté par : marianne le: 13/12/2006 13:43:32
La review de Foukal et al. s'intéresse surtout aux effets récents des variations solaires sur le climat, et ne répond donc pas vraiment aux travaux de Shaviv qui s'adressent à des périodicités très différentes. Et sauf erreur, Foukal et al. n'envisagent pas en détail la question de l'interaction avec le rayonnement cosmique, ils se contentent pour l'essentiel de l'analyse de l'irradiance.

Désolé, je ne pense que cette review soit toujours aussi objective que vous l'affirmez. Il en va des modèles solaires (ou irradiance / proxy) comme des modèles terrestres : on en trouve beaucoup et leurs conclusions divergent. Les travaux de Lean et Wang n'aboutissent pas aux mêmes résultats que ceux de Solanki et Krivova, ni encore aux mêmes que ceux de Foster, pour prendre des auteurs ayant tous publié dans les trois dernières années. Ou les reconstructions paléo. de Muscheler sur le C14 et celles d'Usoskin sur le Be10 / Ti44 ne convergent pas trop sur certaines périodes. Idem pour celles de l'irradiance entre Willson et sa base ACRIM et Fröhlich  (et des auteurs de la review) sur la base PMOD.

Bref, vous l savez sans doute, beaucoup de débats dont la diversité et la complexité ne sont pas solubles dans une review de Nature.

Sinon, la lecture même de la review aurait dû vous inciter à comprendre l'intérêt du texte de Pierre Allemand, et des travaux de Nir Shaviv. Car après tout, Foukal et al. affirment que les variations de luminosité ne suffisent pas à expliquer un effet sur le climat. Mais ils ne nient pas les "relations apparentes" constatées entre le soleil et le climat au cours du Holocène (p. 165, conclusion), de sorte qu'ils suggèrent d'approfondir les effets indirects des UV. Pourquoi ne pas approfondir aussi la piste des effets indirects sur le RC et la nébulosité ? En science, l'exploration des hypothèses se fait sans préjugé. Et cette hypothèse défendue par Shaviv, Svensmark, Harrison et quelques autres na rien de farfelue, le CERN développe par exemple un gros programme pour la tester dans les années à venir.
commentaire n° : 3 posté par : Charles Muller le: 14/12/2006 01:50:20
Merci d'avoir répondu, j'estime effectivement que le débat scientifique est surtout fait de partage des connaissances et des points de vue.  Je me dois d'approfondir la question quant aux article de Nir Shaviv.
Puisque vous mettez tant de bonne volonté à me répondre, peut etre pouvez vous également le faire quand certains blogeurs s'amusent à poster des phrases comme "CO2 n'est pas un polluant" ce qui, objectivement est légèrement à rectifier.
commentaire n° : 4 posté par : marianne le: 21/12/2006 20:08:22
Eh bien, je ne pense pas non plus que le CO2 soit un polluant au sens où l'on entend habituellement ce terme. Dans une salle de classe, après une heure de cours, je crois que la concentration atteint 4000 ppm, c'est-à-dire 10 fois la "norme" atmosphérique. S'il y avait toxicité, cela serait inquiétant pour nos enfants.

En revanche, il est clair que la combustion des énergies fossiles est polluante par divers procédés physico-chimiques et rend facilement irrespirable l'air des villes (voire dangereux pour les broncho-sensibles).

PS : bien naturel de débattre, je pense aussi que l'on progresse par des échanges rationnels et argumentés.
commentaire n° : 5 posté par : Charles Muller le: 22/12/2006 01:00:46
mariane a écrit:
"certains blogeurs s'amusent à poster des phrases comme "CO2 n'est pas un polluant" ce qui, objectivement est légèrement à rectifier."

Le CO2 n'est considéré par aucun organisme officiel, aucune agence environmentale, aucun organe scientifique, aucun manuel de science comme un polluant. C'est donc faire preuve de légèreté que de le considérer comme un "polluant".

Et si l'on fait allusion au réchauffement climatique pour qualifier le CO2 de polluant, il faudrait dans ce cas classer l'eau comme le tout premier polluant car sa vapeur compte pour plus de 65% dans l'effet de serre. Il faudrait alors interdire toutes les piscines, les arrosages en plein air, les fontaines publiques, les barrages hydroélectriques sous prétexte que ça augmente l'évaporation et donc l'effet de serre.
Voilà ce à quoi mène l'absurdité de la propagande médiatique du moment.
commentaire n° : 6 posté par : miniTAX le: 22/12/2006 09:48:49
si le CO2 n'est pas un polluant, qu'en est-il alors des particules fines, par exemple ? Il est évident qu'en isolant chaque polluant, on va toujours pouvoir minimiser un effet de pollution global et complexe ; de la même façon,  disputer sur la question des causes réellement anthropiques ou non du réchauffement climatique me semble assez dérisoire : c'est regarder par le petit bout de la lorgnette un processus d' (auto)destruction globale, qui peut être abordé par une foule d'autres entrées. Je ne vois pas vraiment en quoi cela aurait une réelle pertinence sur le plan de la méthodologie -et surtout de la pragmatique scientifique (en admettant que la science ait pour objectif davantage que le simple plaisir de se regarder le nombril).
commentaire n° : 7 posté par : francis le: 24/01/2007 02:25:13
pour marianne

l'homme est naturellement enclin à simplifier et trouver des raccourcis pour expliquer les évènements qui le dépassent.  Ce qui est grave aujourd'hui, c'est le détournement de la science au service de l' "ecologiquement correct".

Et dire que "tout est de la faute au CO2, et donc à l'homme" est une attitude qui confine à l'obscurantisme.

Quant aux supposés effets, les annonces du GIEC et des médias sont non seulement grotesques (voir les erreurs de calcul -facteur 10- du dernier compte rendu), mais surtout IRRESPONSABLES, car elle engagent les sociétés du monde entier sur de fausses pistes.

commentaire n° : 8 posté par : maurice (site web) le: 05/02/2007 14:04:41
Je voudrais savoir est-ce que quelqu'un a déjà tenter de comparer le graph de shaviv avec les record paleoclimatique de Co2
commentaire n° : 9 posté par : Sylvian le: 29/04/2007 17:10:17
Il y a des contresens dans cet article.
En effet, ce que dit Shaviv n'est pas qu'on ne connait pas le signe de la somme des forçages radiatifs (± 0,8 W/m2) mais il parle d'un forçage total de 0.8 ± 1.3 W/m²
Ce qui n'est pas du tout la même chose.

De plus, shaviv se contente d'ajouter les éléments, ce qui, dans les rapports du GIEC, est précisé clairement être une erreue car la somme de ces phénomènes, répartis différemment autour du globe, ne donne pas aussi simplement le phénomène global.

A part, les travaux de Shaviv sont très intéressants et je les découvre avec plaisir.
commentaire n° : 10 posté par : Guillaume le: 30/04/2007 16:09:06

Un petit soucis dans le fait que le réchauffement climatique est dû au Soleil, une étude vient de révéler que l'activité solaire a diminué depuis 1985, tandis que la température non. Si les chiffres étaient les mêmes partout il serait plus facile de se faire une opinion.


Est ce que les personnes de ce site dénonce les résultats de cette étude dont je pense vous êtes au courant ? Merci !


Si c'est le cas, il faudrait des explications.

commentaire n° : 11 posté par : Corentin le: 16/09/2007 17:58:39
Cette article de Locwood a été réfuté en ces termes :

The recent Lockwood/Frohlich publication’s assessment depends on the absence of a significant trend in the Lean/Frohlich (PMOD) TSI composite. A more objective use of the TSI satellite observational database does not support the PMOD model or their conclusions. Just as it would be premature to claim we understand TSI variability on climate time scales with extant satellite data, it is equally premature to use the existing TSI database to relegate TSI?s role in climate change to negligible levels. The selective use of data and models and the rush to judgment by Lockwood and Frohlich do not lend credibility to their investigation.

voir http://forums.futura-sciences.com/post1241556-37.html
http://icecap.us/index.php/go/joes-blog/a_critical_review_of_lockwood_and/
http://icecap.us/images/uploads/Lockwood_and_Frolich_Review.pdf
commentaire n° : 12 posté par : Curieux le: 16/09/2007 18:38:35
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