Anthony W. King et son équipe montrent dans la dernière livraison de Science que les modèles climatiques actuels se trompent en évaluant le comportement des plantes sous l'effet d'une hausse des températures. L'augmentation de la respiration végétale n'est qu'une réponse transitoire au réchauffement. A terme, les plantes devraient stocker plus de CO2 (10 %) que ce qui est aujourd'hui prévu.On sait que les végétaux supérieurs (surtout leurs feuilles) respirent. Grâce à des cellules spécialisées (mitochondries), elles consomment et émettent alternativement de l'oxygène et du dioxyde de carbone dans l'atmosphère. La quantité annuelle de CO
2 rejetée par les plantes est évaluée à 60 Gt par an. Or, tous les modèles actuels prévoient qu'avec l'augmentation du gaz carbonique et des températures, les plantes vont augmenter leur respiration, et donc rejeter encore plus de CO
2 dans l'atmosphère. Cette rétroaction positive n'est pas négligeable puisque certains modèles (Cox 2000) ont pu estimer sa seule contribution au réchauffement à 2,5°C en 2100.

Dans cette étude, Anthony W. King et al. montre que l'augmentation de la respiration végétale en situation de hausse des températures est en fait une réponse
transitoire au changement : une fois adaptées, les plantes ont une respiration équivalente à celle de la température précédente. Qui plus est, les plantes des climats chauds montrent très peu de sensibilité aux variations de température par rapport aux plantes des climats plus froids (moins nombreuses évidemment).
En faisant tourner leur propre modèle entre 1930 et 2100, les auteurs montrent que cette acclimatation des plantes pourrait augmenter de 9 % environ le carbone stocké dans les végétaux et les sols, et donc diminuer d'autant le CO
2 atmosphérique prévu en 2100. La correction est certes modeste, mais elle n'est pas non plus négligeable. A.W. King et al. concluent que les modèles doivent intégrer cette adaptation respiratoire des plantes, donc diminuer d'autant les prévisions de rétroactions positives et de réchauffement associé.
RéférenceKing A.W. et al. (2006), Plant respiration in a warmer world,
Science, 312, 536-537.
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