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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Non, rassurez-vous, nous ne nous lançons pas à notre tour dans des prédictions catastrophistes pour l’avenir de la pauvre humanité et de sa triste planète. Le krach en question est celui d’un modèle (climateprediction.net) présenté en début d’année encore comme le plus puissant du monde et utilisant le calcul partagé. En constatant les températures caniculaires atteintes par la Terre en 2013, ses concepteurs viennent de reconnaître un bug majeur. Mauvais présage pour les autres modèles ?

Vous souvenez-vous l’hiver 2005 ? Un article paru dans Nature avait à cette époque fait le tour du monde et la une des grands médias. Il faut dire que D.A. Stainforth et ses 15 co-auteurs (pas moins!) annonçaient que la sensibilité climatique à un doublement du gaz carbonique dans l’atmosphère, jusqu’à présent évaluée entre 1,5 et 4,5 °C par le GIEC, pourrait plutôt se situer dans la fourchette 2-11 °C (Stainforth 2005). Traduction immédiate dans les gros titres : «Le réchauffement de la Terre pourrait atteindre 11 °C» (BBC), «Un réchauffement climatique de plus de 6 °C n’est plus à exclure» (Le Monde)... A Greenpeace et au WWF, on comptait déjà les jours du monde industriel en gardant un œil sur le thermomètre.

Le modèle en question, climateprediction.net, avait pour particularité de fonctionner en calcul partagé (grid computing) : les innombrables données à analyser pour simuler l’évolution des mécanismes complexes du climat étaient réparties en «paquets» de calcul traités de manière autonome par des ordinateurs individuels. Lancé dès le début des années 2000, ce projet sponsorisé entre autre par la BBC et l’Université d’Oxford avait atteint jusqu’à 90.000 participants. Il était devenu franchement populaire à partir du moment la chaîne publique anglaise en avait fait la publicité dans son émission Climate Chaos. En février dernier, on ne comptait pas moins de 200.000 volontaires pour contribuer au calcul de climateprediction.net, téléchargeable directement sur un site éponyme. Et ce modèle d’un genre nouveau, bien plus puissant que ses concurrents, devait annoncer à la fin du printemps ses prédictions 2080 pour les températures anglaises. Les Londoniens en frissonnaient déjà – enfin, façon de parler vu les premiers résultats de 2005.

Hélas ! la semaine dernière (14 avril 2006), les concepteurs de climateprediction.net ont dû annoncer une bien mauvaise nouvelle aux 200.000 enthousiastes de la voyance informatisée : aucun résultat n’est exploitable. Le modèle semble présenter un bug majeur dans la simulation des aérosols sulfatés, ces petites particules industrielles contribuant plutôt au refroidissement de la planète. Traduction : toutes les températures simulées pour 2013 étaient à ce point caniculaires que l’équipe a préféré stopper net l’expérience à cette année fatale.

Ce qui est le plus intéressant dans ce fiasco, c’est le discours qui avait accompagné le lancement et la conception de climaeprediction.net. Ainsi, dès 2002, le Dr Myles Allen (Département des sciences et technologie de l’espace Laboratoire Rutherford Appleton) déclarait à la BBC  : «Les climatologues n’ont exploré qu’une petite fraction de tous les résultats possibles [des modèles] et cela a entraîné inévitablement des querelles sur le réchauffement global. […] Quantifier les incertitudes est une chose que nous ne savons pas faire pour le moment».

Alors que climateprediction.net était encore en plein état de grâce, Michael Hopkin précisait dans Nature en commentant ses premiers résultats : «Les prévisions précédentes de réchauffement global n’ont été faites que sur une petite douzaine de simulations ; l’équipe de Staifnorth en a analysé plus de 2000» (Hopkin 2005).

Maintenant que climateprediction.net a lui-même sombré dans la surchauffe, il ne reste plus que ces appréciations critiques sur les autres modèles. On est ravi d’apprendre qu’ils sont obligés d’écarter un grand nombre de simulations (y compris celles qui ne donnent pas de hausse ?), qu’ils ne savent pas quantifier leurs incertitudes (pourquoi ne pas le dire clairement dans les résumés du GIEC ?) et qu’ils ne réalisent qu’une pauvre petite douzaine de simulations de base (est-ce bien suffisant vu la complexité du climat ?).

Décidément, les fameux modèles sur lesquels reposent toutes les préditions alarmistes pour 2100 n’ont pas tant progressé que cela entre 1988 et 2006. Messieurs les décideurs, pensez à en toucher un mot au GIEC lorsque ses experts vous remettront leur prochain résumé à votre intention…


Références
Hopkin M. (2005), Biggest-ever climate simulation warms temperature may rise by 11 °C, Nature, doi :10.1038/news050124-10.
Stainforth D.A. et al. (2005), Uncertainty in predictions of the climate response to rising levels of greenhouse gases, Nature, 433, 403-406.

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Forçages radiatifs : les limites des modèles actuels

Commentaires

Etrangement, je n'ai pas lu la même explication...
The reason for the reset is that the scientists at Oxford have discovered that one of the input files to the model hasn't been increasing the amount of sulphate pollution in the atmosphere (sometimes called the "global dimming" effect) as it should have done. So what you are seeing is the full impact of greenhouse warming not masked as it was in the real world by sulphate pollution.

Mais surtout :
For those of you who are interested, the problem was a single entry in a file header, which meant that the model started reading from the wrong point in the file. Because the data and the dates in the file were OK, the problem was far from obvious. The computer scientists among you will no doubt have strong views about a file format that allow model dates and input-file dates to get out of synch in this way, and you will find that everyone who works with the Met Office climate model, including everyone at the Met Office, agrees with you. But you just have to remember that these climate models are some of the most complicated pieces of software in the world, having evolved over many years, and the Met Office model was designed to be the world’s best, not to be an easy piece of software to run on a PC. 
http://www.climateprediction.net/board/viewtopic.php?t=4759

En fait c'est surtout dû à une erreur de programmation, les aérosols pris en compte trop tôt par rapport au réel et les modèles plantent en 2013 car ils n'ont plus de données à se mettre sous la dent pour cette variable.
Cela dit, il est vrai que les modèles climatiques en eux-mêmes sont délicats à calibrer, c'est bien pour ça qu'on tente de les valider en simulant depuis 1920. Même si les résultats resteront entâchés d'incertitude, ils permettront quand même de se préparer, d'anticiper les adaptations à faire.
A mon avis ce n'est aps complètement inutile, au contraire. Même s'il ne faut pas attendre y trouver une réponse précise.
commentaire n° : 1 posté par : Jean-Luc P (site web) le: 26/04/2006 16:45:31
Etrangement, je n'ai pas lu la même explication...
The reason for the reset is that the scientists at Oxford have discovered that one of the input files to the model hasn't been increasing the amount of sulphate pollution in the atmosphere (sometimes called the "global dimming" effect) as it should have done. So what you are seeing is the full impact of greenhouse warming not masked as it was in the real world by sulphate pollution.

Mais surtout :
For those of you who are interested, the problem was a single entry in a file header, which meant that the model started reading from the wrong point in the file. Because the data and the dates in the file were OK, the problem was far from obvious. The computer scientists among you will no doubt have strong views about a file format that allow model dates and input-file dates to get out of synch in this way, and you will find that everyone who works with the Met Office climate model, including everyone at the Met Office, agrees with you. But you just have to remember that these climate models are some of the most complicated pieces of software in the world, having evolved over many years, and the Met Office model was designed to be the world’s best, not to be an easy piece of software to run on a PC. 
http://www.climateprediction.net/board/viewtopic.php?t=4759

En fait c'est surtout dû à une erreur de programmation, les aérosols pris en compte trop tôt par rapport au réel et les modèles plantent en 2013 car ils n'ont plus de données à se mettre sous la dent pour cette variable.
Cela dit, il est vrai que les modèles climatiques en eux-mêmes sont délicats à calibrer, c'est bien pour ça qu'on tente de les valider en simulant depuis 1920. Même si les résultats resteront entâchés d'incertitude, ils permettront quand même de se préparer, d'anticiper les adaptations à faire.
A mon avis ce n'est aps complètement inutile, au contraire. Même s'il ne faut pas attendre y trouver une réponse précise.
commentaire n° : 2 posté par : Jean-Luc P (site web) le: 26/04/2006 16:45:55
Pour info, il y a ne analyse que je trouve interessate sur realclimate :
http://www.realclimate.org/index.php/archives/2006/04/how-not-to-write-a-press-release/#comment-12111
commentaire n° : 3 posté par : thierry31 le: 26/04/2006 20:19:52
En effet, le modèle a mal pris en compte les aérosols sulphatés et la traduction concrète en était une surchauffe excessive (puisque ces aérosols ont un effet aldébo qui limite le réchauffement).

(Hopkin dans Nature : "The model aims to simulate the British climate from 1920 to 2080. But users found that the program was mysteriously crashing at 2013. What's more, the models were predicting far greater global warming up to that point than experts expected.")
commentaire n° : 4 posté par : C. Muller (site web) le: 27/04/2006 10:37:36
Le jour où les models SCIENTIFIQUES sur la climatologie remplaceront les models de SOPHISTES qu'on nous sert jour apres jours, la science sortira la tête haute de ce jeu de dupes.
commentaire n° : 5 posté par : anthony le: 27/04/2006 12:06:24
Contrairement à ce qui est affirmé dans l'article, le GIEC a bien noté les incertitudes concernant les aérosols dans son résumé du Working Group 1 (le seul qui concerne vraiment la science climatologique) lor du TAR 2001:
http://www.grida.no/climate/ipcc_tar/wg1/128.htm
""""Feedbacks between atmospheric chemistry, climate, and the biosphere were not developed to the stage that they could be included in the projected numbers here. Failure to include such coupling is likely to lead to systematic errors and may substantially alter the projected increases in the major greenhouse gases.""""


Mais est ce que cela est porté à la connaissance du public et des décideurs ? Ca, c'est une autre question.
commentaire n° : 6 posté par : miniTAX le: 28/04/2006 13:24:22

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Comme le programme se plante en 2013, il suffirait de faire comme dans les ascenseurs des gratte-ciels nord-américains, où le treizième étage a été systématiquement supprimé pour cause de superstition officielle et commerciale. Supprimons l'années 2013 et la question sera réglée...

 



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commentaire n° : 7 posté par : Entonnoir blanc le: 28/04/2006 18:23:31
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