A Barrow (Alaska), petite ville de 4600 habitants en 2000, l’effet de l’îlot de chaleur urbain (ICU) est déjà très sensible et fait varier la température moyenne hivernale de plus de 2 °C. Les experts nous assurent pourtant que les ICU sont négligeables dans les enregistrements climatologiques du XXe siècle…
Barrow est une petite ville située sur une péninsule du même nom, en Alaska. La péninsule s’ouvre sur la mer de Beaufort à l’Ouest, la mer des Chuckchi (Tchouktches) au Nord-Est. Cette dernière est ainsi nommée en référence à l’ethnie dominante des populations natives.
Entre 1900 et 2000, Barrow est passé de 900 à 4600 habitants. En juin 2001, K.M. Hinkel et son équipe sont venus étudier sur place l’effet de l’îlot de chaleur urbain. A cette fin, ils ont posé 54 capteurs dans Barrow et dans ses alentours. La moitié des capteurs était située dans la petite ville, l’autre moitié dans une aire d’environ 150 km
2. Des relevés horaires ont été effectués sur toute la période hivernale, de décembre 2001 à mars 2002.
Le résultat de cette analyse minutieuse est assez étonnant.
Sur toute la période hivernale, la différence moyenne entre la ville et ses alentours est de 2,2°C, le centre étant bien sûr plus chaud que la périphérie. Cette différence est d’autant plus marquée que les conditions sont calmes (vent < 2 m s
-1). La différence moyenne des températures diurnes rurales-urbaines en conditions calmes s’établit ainsi à 3,2 °C.
Durant la même période, la différence moyenne des températures diurnes s’est élevée à mesure que la température refroidissait, atteignant des pics de 6 °C en janvier et février. En condition à la fois calme et froide, les capteurs ont même enregistré un record horaire d’amplitude diurne supérieure à 9°C !
Bien sûr, les conditions climatiques arctiques de la région sont particulières. Mais qu’une petite ville de moins de 5000 habitants enregistre des différences moyennes de températures de 2,2 °C avec sa périphérie rurale indique assez combien l’effet des îlots de chaleur urbains est ubiquitaire et important.
Références
Hinkel K.M. et al. (2003), The urban heat island in winter at Barrow, Alaska, International Journal of Climatology, 23, 1889-1905.A lire sur le même sujet : Ilots de chaleur urbains. Quand les villes réchauffent le monde
Photo : image satellite de Barrow (courtesy of University of Alaska, Fairbanks)
Comment, en se basant sur une seule petite ville, on peut en déduire un réchauffement urbain aussi important?
il faudrait constater cela sur d'autres villes. En attendant, l'hypohèse plus plausible que le réchauffement urbain , est que cette ville est dans une situation particulière : micro-climat, cuvette profonde, source de chaleur géothermique qui chauffe cet endroit indépendament du fait qu'il y ait une ville dessus ou pas. Ou qui sait encore, un erreur de mesure : le point de relevé se trouve à coté d'une centrale de production de chaleur.
Aussi si on a 2° pour une ville de 5000 habitants, qu'est-ce qu'on devrait avoir pour 5 millions!