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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
A Barrow (Alaska), petite ville de 4600 habitants en 2000, l’effet de l’îlot de chaleur urbain (ICU) est déjà très sensible et fait varier la température moyenne hivernale de plus de 2 °C. Les experts nous assurent pourtant que les ICU sont négligeables dans les enregistrements climatologiques du XXe siècle…

Barrow est une petite ville située sur une péninsule du même nom, en Alaska. La péninsule s’ouvre sur la mer de Beaufort à l’Ouest, la mer des Chuckchi (Tchouktches) au Nord-Est. Cette dernière est ainsi nommée en référence à l’ethnie dominante des populations natives.

Entre 1900 et 2000, Barrow est passé de 900 à 4600 habitants. En juin 2001, K.M. Hinkel et son équipe sont venus étudier sur place l’effet de l’îlot de chaleur urbain. A cette fin, ils ont posé 54 capteurs dans Barrow et dans ses alentours. La moitié des capteurs était située dans la petite ville, l’autre moitié dans une aire d’environ 150 km2. Des relevés horaires ont été effectués sur toute la période hivernale, de décembre 2001 à mars 2002.

Le résultat de cette analyse minutieuse est assez étonnant.

Sur toute la période hivernale, la différence moyenne entre la ville et ses alentours est de 2,2°C, le centre étant bien sûr plus chaud que la périphérie. Cette différence est d’autant plus marquée que les conditions sont calmes (vent < 2 m s-1). La différence moyenne des températures diurnes rurales-urbaines en conditions calmes s’établit ainsi à 3,2 °C.

Durant la même période, la différence moyenne des températures diurnes s’est élevée à mesure que la température refroidissait, atteignant des pics de 6 °C en janvier et février. En condition à la fois calme et froide, les capteurs ont même enregistré un record horaire d’amplitude diurne supérieure à 9°C !

Bien sûr, les conditions climatiques arctiques de la région sont particulières. Mais qu’une petite ville de moins de 5000 habitants enregistre des différences moyennes de températures de 2,2 °C avec sa périphérie rurale indique assez combien l’effet des îlots de chaleur urbains est ubiquitaire et important.

Références
Hinkel K.M. et al. (2003), The urban heat island in winter at Barrow, Alaska,
International Journal of Climatology, 23, 1889-1905.

A lire sur le même sujet : Ilots de chaleur urbains. Quand les villes réchauffent le monde

Photo : image satellite de Barrow (courtesy of University of Alaska, Fairbanks)

Commentaires

Comment, en se basant sur une seule petite ville, on peut en déduire un réchauffement urbain aussi important?


 


il faudrait constater cela sur d'autres villes. En attendant, l'hypohèse plus plausible que le réchauffement urbain , est que cette ville est dans une situation particulière : micro-climat, cuvette profonde, source de chaleur géothermique qui chauffe cet endroit indépendament du fait qu'il y ait une ville dessus ou pas. Ou qui sait encore, un erreur de mesure : le point de relevé se trouve à coté d'une centrale de production de chaleur.


Aussi si on a 2° pour une ville de 5000 habitants, qu'est-ce qu'on devrait avoir pour 5 millions!

commentaire n° : 1 posté par : jef le: 03/04/2006 11:15:44
Bonjour.

Se baser sur une seule ville serait en effet aberrant. Dans l'article de synthèse Ilots de chaleur urbains : quand les villes réchauffent le monde*, vous trouverez un bien plus grand nombre de données relatives aux ICU. Les récents travaux en Alaska (celui-ci) ou au Mexique (voir actualités) viennent simplement s'ajouter à de nombreux autres.

Cordialement,
CM


* référence : www.climat-sceptique.com/article-2021987.html
commentaire n° : 2 posté par : C. Muller (site web) le: 03/04/2006 17:57:05
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