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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
On croit souvent que le réchauffement actuel est global. Mais il n’en est rien : la moyenne mondiale des températures, sans grande signification concrète pour chaque zone, cache une disparité des situations. Ainsi, 81 % des grilles climatiques ne montrent aucune tendance significative entre 1977 et 2001, c’est-à-dire dans la période la plus récente et la plus forte de réchauffement attribué à l’homme. Ce chiffre est évidemment appelé à évoluer dans les prochaines décennies : reste que les alarmistes se cachent bien de préciser que les quatre cinquièmes de la Terre ont échappé au fameux "réchauffement global" dans les deux dernières décennies du XXe siècle.

Les chercheurs s’accordent pour définir deux phases de réchauffement depuis le début du XXe siècle : la première va de 1920 à 1945, la seconde a commencé autour de 1977 et continue aujourd’hui. Seule cette seconde phase, en cours, est supposée porter la marque distinctive du réchauffement anthropique, c’est-à-dire provoqué par les émissions humaines de gaz à effet de serre.

Le réchauffement global en climatologie est obtenu par la moyenne des températures de toutes les stations disponibles sur un intervalle de temps donné. Toutefois, le grand public imagine souvent que ce réchauffement global est également réparti sur toute la Terre. Ce qui se conçoit d’ailleurs, puisque les gaz à effet de serre sont censés se répartir peu à peu et de manière uniforme dans toute l’atmosphère.

En fait, il n’en est rien.

En 2003, P.D. Jones et A. Moberg ont publié une mise à jour des données disponible pour le XXe siècle. La Climate Research Unit (CRU), dirigée par Phil Jones, est l’une des principales bases de données internationales utilisée aujourd’hui par les chercheurs. Elle rassemble 5159 stations météorologiques, réparties dans des grilles de 5°x5° de côté en latitude et longitude.

Que disent Jones et Moberg ?

"Jusqu’à présent, toutes les discussions ont considéré les tendances des moyennes des températures à l’échelle continentale ou hémisphérique. Ici, nous montrons les dimensions spatiales de ces tendances, en contrastant les tendances saisonnières et annuelles pour les deux périodes de 25 ans où le monde a connu un réchauffement d’une ampleur significative (figure 7 pour 1920-1944 et figure 8 pour 1977-2001).
[…]
Pour ces deux périodes, les moyennes hémisphériques et globales montrent un réchauffement significatif. Malgré cela, les tendances significatives en températures ne sont présentes que dans 10-20 % des grilles disponibles".

En regardant la figure 8, qui concerne le réchauffement récent, on constate en effet que 19 % seulement des grilles de la planète présentent "au moins quinze années de réchauffement nécessaires à établir une tendance". Cela ne veut pas dire que les autres grilles n'ont pas connu des épisodes de réchauffement : mais ils ne sont pas suffisants pour y voir une tendance claire.

La conclusion est simple : 81 % des grilles climatiques de la principale base de données actuelle ne montrent pas de réchauffement significatif entre 1977 et 2001.

Référence
Jones P.D., A. Moberg (2003), Hemispheric and large-scale surface air temperature variations: an extensive revision and update to 2001, J. Clim., 16, 201-223.

Note
Nous avons écrit à Phil Jones pour préciser ce qu’il entend par "significatif". Il a eu l’amabilité de nous répondre : "Ce qui est entendu par réchauffement significatif dans les figures 7 et 8 est une signifiance statistique à 95 % d’intervalle de confiance. Cela signifie qu’il y a [dans les 19 % de grilles] une tendance dont la pente diffère de zéro, compte tenu de la variabilité d’année à année. C’est le sens le plus basique de la significativité en mesure statistique" (communication personnelle).

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