À la suite d'une étude récente et très médiatisée (Rignot 2006), on a beaucoup parlé de la fonte du Groenland et de son effet possible sur la hausse du niveau des mers. Il semble que cette question sera particulièrement mise en avant dans le prochain rapport du GIEC (2007), du moins si l'on en croit les confidences de Jean Jouzel à la dernière assemblée du Centre national de recherches météorologiques.
Nous avons déjà eu l'occasion de montrer ici que les résultats de l’étude de Rignot (2006) sur le Groenland sont opposés à deux autres travaux parus quelques mois plus tôt (Zwally 2005, Johanessen 2005), qui concluaient l’un comme l’autre à des gains de glace pour les périodes 1992-2002 et 1993-2003. La fonte du Groenland aux marges est compensée par des chutes de neige importantes en altitude.
Une autre étude un peu plus ancienne (Chylek 2004) apporte des précisions très intéressantes sur la plus grande île du monde.
Les auteurs ont ici analysé l’évolution du Groenland sur tout le XXe siècle, et non sur les deux dernières décennies seulement. On ne répétera jamais assez sur ce site combien la climatologie est une science du long terme, s’accommodant mal des effets d’annonce sur les périodes courtes.
Chylek et al. montrent que dans la seconde partie du XXe siècle, les températures estivales (les plus pertinentes pour la fonte) du Groenland ont connu un refroidissement. C'est-à-dire que les années 1930-1940, pour le Groenland, étaient probablement plus chaudes que celle de la fin du XXe siècle (gain de 2 à 4 °C en moins de dix ans à l'époque).
On le constate sur cette carte comparant les données estivales 1901-1950 et 1951-2000.

Par ailleurs, les données disponibles depuis 1987 au sommet du Groenland montrent une baisse des températures estivales de 2,2 °C / décennie.
Chylek et al. en concluent à l'existence de variabilités pluridécennales fortes dans la région. Et suggèrent que l'on creuse le lien avec l'oscillation arctique (OA), l’oscillation nord-atlantique (NAO) ou le mode annulaire arctique, plutôt que de tout rapporter au réchauffement global comme le veut la mode du moment. Ainsi, les corrélations (négatives) entre les températures du Groenland et la NAO atteignent -0,84 à -0,93. Un fait observé dans le réel autrement plus solide que bien des projections fantasmatiques pour les cent prochaines années.
Référence
Chylek P. et al. (2004), Global warming and the Greenland ice sheet, Climatic Change, 63, 201-221.
Nous avons déjà eu l'occasion de montrer ici que les résultats de l’étude de Rignot (2006) sur le Groenland sont opposés à deux autres travaux parus quelques mois plus tôt (Zwally 2005, Johanessen 2005), qui concluaient l’un comme l’autre à des gains de glace pour les périodes 1992-2002 et 1993-2003. La fonte du Groenland aux marges est compensée par des chutes de neige importantes en altitude.
Une autre étude un peu plus ancienne (Chylek 2004) apporte des précisions très intéressantes sur la plus grande île du monde.
Les auteurs ont ici analysé l’évolution du Groenland sur tout le XXe siècle, et non sur les deux dernières décennies seulement. On ne répétera jamais assez sur ce site combien la climatologie est une science du long terme, s’accommodant mal des effets d’annonce sur les périodes courtes.
Chylek et al. montrent que dans la seconde partie du XXe siècle, les températures estivales (les plus pertinentes pour la fonte) du Groenland ont connu un refroidissement. C'est-à-dire que les années 1930-1940, pour le Groenland, étaient probablement plus chaudes que celle de la fin du XXe siècle (gain de 2 à 4 °C en moins de dix ans à l'époque).
On le constate sur cette carte comparant les données estivales 1901-1950 et 1951-2000.

Par ailleurs, les données disponibles depuis 1987 au sommet du Groenland montrent une baisse des températures estivales de 2,2 °C / décennie.
Chylek et al. en concluent à l'existence de variabilités pluridécennales fortes dans la région. Et suggèrent que l'on creuse le lien avec l'oscillation arctique (OA), l’oscillation nord-atlantique (NAO) ou le mode annulaire arctique, plutôt que de tout rapporter au réchauffement global comme le veut la mode du moment. Ainsi, les corrélations (négatives) entre les températures du Groenland et la NAO atteignent -0,84 à -0,93. Un fait observé dans le réel autrement plus solide que bien des projections fantasmatiques pour les cent prochaines années.
Référence
Chylek P. et al. (2004), Global warming and the Greenland ice sheet, Climatic Change, 63, 201-221.
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