Les données de 9 radiosondes sur l’Antarctique montrent un réchauffement rapide des couches moyennes de la troposphère entre 1979 et 2003, alors que les températures de surface sont restées à peu près stables sur cette période. Une analyse qui ne permet pas pour autant d’incriminer les gaz à effet de serre, car les évolutions in situ ne peuvent être exclues et les meilleurs modèles échouent toujours à reproduire ces changements.
Les évolutions climatiques de l’Antarctique font l’objet d’une intense recherche depuis plusieurs années (voir notre article de synthèse). Pour les températures en surface, on observe un record planétaire de réchauffement dans la Péninsule (0,55°C par décennie), où la plate-forme glaciaire Larsen B avait connu un effondrement très médiatisé en mars 2003. Mais sur le reste de l’Antarctique, les données indiquent une stagnation, voire un léger refroidissement.
Dans cette nouvelle étude, l’équipe de John Turner (British Antarctic Survey) a analysé les données complètes et homogénéisées de 9 radiosondes sur la période 1971-2003. Le profil vertical des températures, observé pendant la saison hivernale, révèle un réchauffement de la troposphère au-dessus de l’Antarctique. La hausse maximale est enregistrée en couche moyenne (400-600 hPa), avec 0,70°C / décennie sur toute la période. Cette période hivernale a été choisie car la position du soleil (très bas à l’horizon) limite alors les biais d’enregistrement dus aux effets radiatifs sur les capteurs des radiosondes. Outre ce réchauffement tendanciel, les données radiosondes montrent une variabilité interannuelle considérable, ainsi que des différences notables entre les zones (de la quasi-stagnation au très fort réchauffement à Halley et Bellingshausen).
Faut-il en conclure que l’Antarctique confirme à son tour le réchauffement récent par gaz à effet de serre anthropiques ? L’équipe de J. Turner se garde bien de le faire. Les simulations par le modèle de circulation générale du Hadley Centre (HadCM3) ne parviennent toujours pas à reproduire les évolutions thermiques de la surface et des différentes couches de la troposphère. « Les observations disponibles et l’état actuel des modèles climatiques ne permettent pas d’attribuer sans ambiguïté une cause au réchauffement de la troposphère. L’absence de changements clairs dans la circulation atmosphérique suggère des effets in situ, comme des changements du volume des nuages ou de la taille des particules en suspension, et les hausses de concentration de gaz à effet de serre peuvent aussi jouer un rôle ».
Référence :
Turner J. et al. (2006), Significant warming of the Antarctic winter troposphere, Science, 311, 1914-1917.
Les évolutions climatiques de l’Antarctique font l’objet d’une intense recherche depuis plusieurs années (voir notre article de synthèse). Pour les températures en surface, on observe un record planétaire de réchauffement dans la Péninsule (0,55°C par décennie), où la plate-forme glaciaire Larsen B avait connu un effondrement très médiatisé en mars 2003. Mais sur le reste de l’Antarctique, les données indiquent une stagnation, voire un léger refroidissement.Dans cette nouvelle étude, l’équipe de John Turner (British Antarctic Survey) a analysé les données complètes et homogénéisées de 9 radiosondes sur la période 1971-2003. Le profil vertical des températures, observé pendant la saison hivernale, révèle un réchauffement de la troposphère au-dessus de l’Antarctique. La hausse maximale est enregistrée en couche moyenne (400-600 hPa), avec 0,70°C / décennie sur toute la période. Cette période hivernale a été choisie car la position du soleil (très bas à l’horizon) limite alors les biais d’enregistrement dus aux effets radiatifs sur les capteurs des radiosondes. Outre ce réchauffement tendanciel, les données radiosondes montrent une variabilité interannuelle considérable, ainsi que des différences notables entre les zones (de la quasi-stagnation au très fort réchauffement à Halley et Bellingshausen).
Faut-il en conclure que l’Antarctique confirme à son tour le réchauffement récent par gaz à effet de serre anthropiques ? L’équipe de J. Turner se garde bien de le faire. Les simulations par le modèle de circulation générale du Hadley Centre (HadCM3) ne parviennent toujours pas à reproduire les évolutions thermiques de la surface et des différentes couches de la troposphère. « Les observations disponibles et l’état actuel des modèles climatiques ne permettent pas d’attribuer sans ambiguïté une cause au réchauffement de la troposphère. L’absence de changements clairs dans la circulation atmosphérique suggère des effets in situ, comme des changements du volume des nuages ou de la taille des particules en suspension, et les hausses de concentration de gaz à effet de serre peuvent aussi jouer un rôle ».Référence :
Turner J. et al. (2006), Significant warming of the Antarctic winter troposphere, Science, 311, 1914-1917.
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