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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Les dix mille dernières années (Holocène) sont souvent décrites comme une période climatique relativement stable, dont le réchauffement récent viendrait bouleverser la quiétude. Il n’en est rien. Une équipe internationale de 16 chercheurs (6 nationalités) a mis en évidence six changements climatiques rapides durant l’Holocène, marqués par des phases de refroidissement suivies de réchauffement. Le dernier épisode en date n’est autre que le Petit Âge Glaciaire (1300-1750). Dans la majorité de ces événements, les variations d’irradiance et d’insolation constituèrent le forçage le plus important, parfois associé aux aérosols volcaniques.

L’Holocène, qui a débuté 10.000 ans avant le présent (BP), avait la réputation d’une période climatiquement très stable. Mais la recherche paléoclimatiques de ces dernières années a mis en évidence plusieurs périodes d’instabilité. Pour la première fois, une équipe de 16 chercheurs dirigée par Paul A. Mayewski (photo) a tenté de faire une synthèse de ces travaux sur la variabilité du Holocène.

L’arrière-plan choisi est celui des périodes de refroidissement, identifiées grâce aux phases d’extension et de retrait des glaciers un peu partout sur le globe. L’avantage de ce choix est que les glaciers sont connus comme de bons indicateurs des changements globaux de température et que leur dispersion à travers la planète, des tropiques aux hautes latitudes, donne un aperçu global des évolutions passées. Pour confirmer ou invalider la pertinence de cet indicateur de base, les auteurs ont également collecté 70 séries homogènes de proxies eux aussi répartis sur tout le globe, et donnant des indications sur les températures, la circulation atmosphérique ou l’humidité.

L’équipe de Mayewski a ainsi identifié six changements climatiques rapides (CCR) au cours des 10.000 dernières années. Un CCR est défini comme fluctuation significative à la baisse survenant en quelques siècles. Sur ces huit CCR, les auteurs proposent une typologie. Le premier CCR, qui survient entre 9000 et 8000 BP, est assez atypique. La Terre n’a pas achevé sa déglaciation, l’extension des banquises est encore importante et elles jouent un rôle central dans les fluctuations. Les quatre CCR suivants ont en revanche une signature comparable, avec des pôles plus froids et des tropiques moins humides. Leur durée est variable : ils surviennent entre 6000 et 5000, 4200 et 3800, 3500 et 2500, 1200 et 1000 BP. Le dernier CCR, comme le premier, est atypique sur la série puisqu’il se traduit par des pôles froids et des tropiques humides. Ce CCR commence voici 600 ans et s’achève voici 150 ans : il est plus connu dans la littérature sous le nom de Petit Âge Glaciaire.

Concernant les causes de ces variations climatiques, les auteurs ont étudié les marqueurs paléoclimatiques les plus courants : béryllium 10 et carbone 14 pour le rayonnement solaire, dépôt de SO4 pour les aérosols volcaniques, CO2 et CH4 emprisonnés dans les forages glaciaires pour les gaz à effet de serre atmosphériques. Le premier refroidissement 9000-8000 BP semble lié à une forte hausse de l’activité volcanique dans l’Hémisphère Nord (et à la persistance des banquises). Les CCR 6000-5000 BP, 3500-2500 BP et 600-150 BP sont clairement associés à une baisse globale de l’activité solaire, sans variation notable de l’activité volcanique (sauf au début du Petit Âge Glaciaire). Les deux autres RCC (4200-3800 BP, 1200-1000 BP), à la fois plus courts et moins marqués dans certaines régions du globe, n’ont pas de cause unique évidente, les variations solaires à la baisse étant moindres que les effets constatés. Les gaz à effet de serre présentent surtout des évolutions dues à la sécheresse ou l’humidité relative des tropiques.

Les auteurs concluent que « le climat du Holocène a été hautement variable » et que « la fréquence des changements climatiques rapides semble s’être accrue dans la seconde partie de la période ». Chaque événement a des causes et des signatures singulières, l’association la plus courante étant un froid polaire et une sécheresse tropicale. Mais « de tous les mécanismes de forçage potentiels, la variabilité solaire additionnée aux changements de long terme de l’insolation semble être le mécanisme le plus important des changements climatiques rapides, sauf pour ceux de 9000-8000 BP et 4200-3800 BP ». Les auteurs soulignent également que ces changements climatiques ont été assez abrupts pour affecter certaines civilisations humaines : reflux de l’empre akkadien (Mésoptomie) lors du CCR 4200-3800 BP, décadence des Mayas correspondant à l’événement 1200-1000 BP, déclin des colonies vikings lors du Petit Âge Glaciaire… Ce thème de l’importance des événements climatiques dans la vie des civilisations a notamment été abordé par Jared Diamond dans son essai récemment traduit en français (Diamond 2006).

Références
Diamond J. (2006), Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, Paris Ed. origin. : Diamond J. (2005) Collapse. Ho Societies Choose to Fail or Succeed, Viking, New York.
Mayewski P.A. et al. (2004), Holocene climate variability, Quaternary Research, 62, 243-255.

Nous remercions P.A. Mayewski de nous avoir fait pervenir une copie de son travail.
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