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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Les clathrates ou hydrates de méthane sont des cristaux d'eau et de méthane, emprisonnés dans les fonds marins ou sous les glaces du permafrost. Un scénario catastrophe, véhiculé ces dernières années par l’alarmisme climatique, suggérait que ces clathrates instables se libèrent régulièrement sous l’effet du réchauffement et entraînent, par rétroaction, un réchauffement plus abrupt encore. Deux études récentes montrent que ces hydrates de méthane n’ont joué aucun rôle dans les réchauffements récents.

Vers 12.000 ans (ka) BP, on a repéré dans les glaces une brusque hausse du méthane atmosphérique (200 ppbv), qui a coïncidé avec un réchauffement menant au Holocène. Il a été fait l'hypothèse que cette hausse du CH4, correspondant par ailleurs avec un léger tassement du CO2, aurait pu provenir d'un dégazage d'hydrates de méthane (Kennett 2003). Les hydrates de méthane, ou clathrates, sont des composés organiques de méthane et d'eau, à forme cristalline, présents dans les talus continentaux des fonds marins et sous le sol gelé du permafrost (ou pergélisol).

Le dégazage massif des hydrates de méthane sous l’effet du réchauffement n’est pas envisagé par le GIEC, mais il s’agit d’un scénario-catastrophe régulièrement brandi par les tenants de l’alarmisme climatique.

Dans ce papier, Mac Donald et al. ont analysé 1516 forages dans les tourbières d'Eurasie et d'Amérique du Nord, qui représentent aujourd'hui env. 4 millions de km2. Les tourbières sont des émettrices de méthane, mais des puits de CO2. Résultats de l'analyse sédimentaire et de la datation radiocarbone : ces tourbières se sont développées à partir de 16,5 ka BP, puis ont connu une explosion entre 12 et 8 ka BP (carte ci-dessous). Par ailleurs, elles sont passées au cours du processus du stade de tourbières minérotrophes (fens), grosses émettrices de CH4, à celui de tourbières ombrotrophes (bogs), moindre émettrice. Conclusion des chercheurs : la brusque hausse du CH4 vers 12 ka BP s'explique très probablement par ce phénomène, plutôt que par les clathrates.

Cette étude paléoclimatique vient en confirmer une autre, publiée en début d'année par Todd Sowers. Ce chercheur a montré que le ratio des isotopes deutérium hydrogène (D/H) spécifique aux clathrates par rapport au méthane terrestre ne se retrouve pas dans les forages glaciaires aux deux périodes les plus récentes de réchauffement brutal : 11,5-14,7 ka BP et 38-38,5 ka BP.

La piste des clathrates comme facteur de réchauffement rapide semble donc écartée pour la période récente.

Références
Kennett J.P. et al. (2003), Hydrates in Quaternary Climate Change, American Geophysical Union, Washington, DC.
MacDonald G.M. et al. (2006), Rapid early development of circumarctic peatlands and atmospheric CH4 and CO2 variations, Science, 314, 285 - 288.
DOI: 10.1126/science.1131722
Sowers T. (2006), Late quaternary atmospheric CH4 isotope record suggests marine clathrates are stable, Science, 311, 838 – 840.
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