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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Deux études récemment parues montrent que le soja, le blé et le riz bénéficient bel et bien de gains de productivité importants en milieu CO2 enrichi, contrairement à de récentes assertions en sens contraire, et que les forêts soumises aux mêmes conditions d’enrichissement en gaz carbonique ne souffrent pas de carence en azote.

En 2006, une étude avait fait grand bruit dans les médias : elle annonçait que l’accélération de la croissance végétale due à l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 pourrait être plus faible que prévue (Long 2005, 2006). Patatras : les gazettes alarmistes se sont empressées de commenter la recherche à leur manière, en annonçant la fin de la capture du carbone par le puits terrestre et en pronostiquant de terribles famines dans le siècle à venir. Deux travaux parus récemment apportent des nouvelles bien plus réconfortantes… mais il est à peu près inutile de consulter votre journal, radio ou télé préférés pour en entendre parler.

La plupart des végétaux sont apparus sur Terre à une époque où la concentration en gaz carbonique était 4 à 5 fois plus élevée qu’aujourd’hui. Elles ont su tirer partie de cette ressource, puisque le CO2 est utilisé avec l’eau et la lumière pour assurer la photosynthèse, et donc la croissance de la matière organique. Que le CO2 soit favorable aux cultures est connu depuis deux siècles déjà : en 1804, Nicolas de Saussure consignait cette observation dans ses Recherches chimiques sur la végétation. Dans les années 1960 et 1970, plus de 400 expériences locales de fumigation au gaz carbonique ont été développées. Et, à partir des années 1980 et 1990, l’enrichissement au CO2 est devenu l’objet d’une attention plus systématique dans le cadre des travaux sur le réchauffement climatique. Cinq types de recherche ont été menés : en méthodologie variée dans le cadre SPAR (soil-plant-atmosphere research), en serre, en tunnel à gradient de température, en chambre ouverte au sommet (OTC) et enfin en plein air (FACE : free-air CO2 enrichment).

Les deux papiers de Long 2005 et 2006 ont tiré la sonnette d’alarme : selon eux, les expériences FACE (plus proches des conditions réelles) donnent une productivité de moitié inférieure aux précédents travaux en espace clos et suggèrent que les récoltes en pâtiront à l’horizon 2050.

Dans une nouvelle méta-analyse parue dans le New Phytologist, Lewis H. Ziska et James A. Bruce rouvrent le dossier et comparent les données disponibles, à conditions équivalentes, pour le riz (Oryza sativa), le soja (Glycine max) et le blé (Triticum aestivum), trois plantes d’intérêt majeur pour l’humanité. Ils ont normalisé les données et comparé les gains de récolte attendus pour un enrichissement à 700 ppm (contre 370 ppm).

Résultats :
- pour le riz, le gain est de 44 % en serre, 24 % en tunnels, 19 % en système SPAR, 26 % en OTC, 20 % selon FACE ;
- pour le soja, le gain est de 34 % en serre, 36 % en tunnels, 28 % en système SPAR, 37 % en OTC, 40 % selon FACE ;
- pour le blé, le gain est de 47 % en serre, 26 % en tunnels, 31 % en OTC, 19 à 23 % selon FACE (avec deux méthodologies différentes).

Comme le remarquent les auteurs, « on ne trouve aucune base à une surestimation importante (x2) et consistante de la réponse des récoltes à l’enrichissement CO2 dans les systèmes clos par rapport aux systèmes FACE ». Les serres sont toujours plus productives (sauf pour le soja où la réponse est meilleure en plein air), et le système FACE se situe généralement non loin des autres pour les gains de productivité. Les auteurs rappellent également qu’il existe plus de 100 000 cultivars de riz, et des milliers pour le blé et le soja : cela laisse du champ pour sélectionner ceux qui présentent la meilleure réponse T / CO2 / précipitation, et cela même en restant dans le cadre de plants non génétiquement modifiés.

Décidément, les plantes ne sont pas comme les humains et elles apprécient le gaz carbonique. Aussi les esprits irrités par cet optimisme végétal se tournent-ils volontiers vers une autre menace : la carence en nutriments, et précisément en azote. Cette nouvelle crainte concerne les forêts, supposées souffrir prochainement. Le raisonnement est le suivant : la croissance végétale est certes accélérée par le gaz carbonique, mais les arbres auront besoin d’azote pour soutenir cette croissance et ils n’en trouveront pas assez dans les sols, car la fixation de l’azote atmosphérique et sa transformation en nitrate ne suivront pas le rythme. Conséquence : une croissance qui revient à la normale, et pourquoi pas une décroissance avec tous les drames qui s’ensuivent habituellement (saturation du puits carbone terrestre, hausse du gaz carbonique atmosphérique, température caniculaire, fin du monde). La plupart des modèles actuels du cycle du carbone tablent sur cette limitation progressive de l’azote au cours du siècle.

Adrien C. Finzi et 17 co-auteurs ont récemment livré à ce sujet une synthèse des expériences FACE en milieu forestier : laboratoires Rhinelander, Duke et Oak Ridge aux Etats-Unis, étude POP-EUROFACE en Europe (Finzi 2007). Un précédent travail en 2005 avait montré un gain de productivité de 23 % pour une hausse artificielle de CO2 de 174 ppm.

Les forêts européennes étudiées, implantées sur d’anciens sites agricoles où la disponibilité en azote du sol était un facteur non limitant, n’ont pas soutenu leur croissance par une fixation supplémentaire de l’azote, mais par une meilleure efficacité d’absorption (NUE nitrogen use efficiency) ; les forêts américaines, dont le sol est plus pauvre en matière azotée, ont en revanche connu une meilleure fixation terrestre, sans changement dans l’efficacité d’absorption. Chaque écosystème a donc répondu à sa manière, mais dans le même sens. Conclusion des auteurs : « La réponse en fixation de l’azote par le sol et en efficacité d’absorption (NUE) de ces jeunes forêts tempérées exposées aux conditions FACE est le contraire de celle prédite par la génération actuelle des modèles biogéochimiques ». Que les modèles du cycle du carbone au développement fort récent se trompent ainsi, ce n’est pas une grande surprise : dans le cadre des affaires climatiques, on commence à avoir l’habitude de ces paramétrisations pessimistes qui s’améliorent avec le temps…

Voilà donc deux bonnes nouvelles pour la végétation et pour le cycle du carbone. Qui seront évidemment ignorées comme deux fausses notes dans le concert de la lamentation permanente.

Références
Finzi, A.C. et al. (2007), Increases in nitrogen uptake rather than nitrogen-use efficiency support higher rates of temperate forest productivity under elevated CO2, Proceedings of the National Academy of Sciences, 104, 14014-14019.
Long, S.P. et al. (2005), Global food insecurity treatment of major food crops with elevated carbon dioxide or ozone under large-scale fully open-air conditions suggests recent models may have overestimated future yields, Philosophical Transactions of the Royal Society B, 360, 2011-2020.
Long, S.P. et al. (2006), Food for thought: Lower-than-expected crop yield stimulation with rising CO2 concentrations, Science, 312, 1918-1921.
Ziska, L.H. et J.A. Bunce (2007), Predicting the impact of changing CO2 on crop yields: some thoughts on food, New Phytologist, 175, 607-618.

Commentaires

#50 Une bulle d'air d'une carotte glaciaire ne contient pas les gaz d'une année mais d'une cinquantaine d'années au moins, le temps que la glace se tasse et "scelle" la bulle et le temps que les gaz se diffusent dans la bulle du dessous. C'est comme un filtre passe-bas qui lisse toute fluctuation décennale, voire centenale.

C'est pour ça que tu ne trouveras pas une reconstitution du CO2 par carottage pour 1970, 1980 ni 2000... Le point de mesure paléo du CO2 le plus récent qui signifie qq chose, c'est pour les annnées 50. Et encore, on lui a appliqué un décalage temporel arbitraire: la date de la bulle est de 1900 (on le SAIT en détectant les couches de neiges annuelles, telles les cernes d'un arbre) et on décide que le CO2 dans cette bulle date de 1950. Une bulle datant de l'an 1950 devrait contenir le CO2 de... 2000, en attendant qu'elle se scelle, ainsi l'ont décidé les glacio-climatologues. Car comme on peut s'en douter, la concentration de CO2 par les carottes pour 2000 ne colle pas avec celle des mesures directes alors on balaie ce point de mesure qui cloche sous le tapis.
C'est aussi incroyable mais c'est comme ça que ça se passe, oui Monsieur ! N'importe qui peut vérifier facilement mes dires.
Quand je dis que c'est de la religion et pas de la science...
commentaire n° : 51 posté par : miniTAX le: 23/01/2008 08:18:25
seules les bulles pontificales du GIEC font foi de toutes façons...
commentaire n° : 52 posté par : maurice (site web) le: 23/01/2008 10:42:49

Quelques regrets de voir ce quasi forum se transformer en lutte de coqs sur un tas de fumier.
Je pense représenter un lectorat de non scientifiques.
Nous nous intéressons à la science pour ce qu'elle nous aide à comprendre le monde d'une manière plus efficace que la religion.
Il est à craindre que les représentants de la démarche scientifique soient jetés avec l'eau du bain, car ils sont hélas représentés par des politico scientifiques qui eux-mêmes sont interprétés par les journalistes dits scientifiques (à tort ou à raison).
Nous sommes souvent en présence de conglomérats humains qui défendent leurs intérêts comme des corporations (médicale, scientifique, juridique, religieuse...) et en général à mon humble avis sans en avoir conscience.
Les riches groupes de presse comme les autres.
Nous, humains de base, ne faisons pas plus confiance aux scientifiques qu'aux religieux !
Nous pensons souvent que leurs intérêts idéologiques ou matériels les incitent à prendre des partis qui insultent le banal bon sens.

L’arrêt du nuage de Tchernobyl à nos frontières et l’affaire du sang contaminé ont fait bien plus de tort à la crédibilité des scientifiques (en France) que tous les cartomanciens réunis.
Il serait très souhaitable me semble-t-il, que les esprits rationnels n'oublient pas (ou apprennent) que les humains ne font pas des choix rationnels !


Même si les raisons invoquées sont fausses, une réduction des rejets industriels est-elle une mauvaise option ?
Ne peut-on se pencher sur les conséquences des choix, les faire évoluer si on les considère néfastes, plutôt que de s'envoyer des noms d'oiseaux ?
Notre situation ressemble à celle qui existait en Europe à l'époque des guerres de religions.
Et lorsqu’on prend parti (en général) contre les islamistes intégristes, on néglige les horreurs commises par nos ancêtres au nom de l'idéologie dominante de l'époque (et des idéologies en phases d'expansion) Catholiques, Protestants, Communistes... je ne cite que les systèmes, pas les individus et groupes agissant pour des intérêts particuliers

Merci donc aux existés de revenir au sujet. S’ils se croient insultés, n’est-ce pas le signe qu’ils mériteraient de l’être ?

Bravo au créateur de ce site, persévérez.
commentaire n° : 53 posté par : JLB (site web) le: 11/03/2008 20:11:05
@JLB
"Même si les raisons invoquées sont fausses, une réduction des rejets industriels est-elle une mauvaise option ?"

La question est de savoir qu'elles sont les priorités. Est-ce plus important de réduire les émissions de CO2 pour un hypothétique réchauffement du à l'homme, ou de s'attaquer à la pauvreté, la pollution, les maladies infectieuses,et la famine?

Il faut noter aussi qu'un réchauffement est nettement plus favorable à la vie et à l'homme qu'un refroidissement.
commentaire n° : 54 posté par : floyd le: 11/03/2008 22:15:07
Ilfaut retourner à la bonne école, pour ne pas ignorer qu'un  litre d'eau dans les conditions notmales de température et de pression, dissout un litre de CO2. Il faut dépasser cette teneur pour que la mer libère du CO2.
Les teneurs en CO2 sont mesurées par des étalons établis en pesant le Carbonate qui retient ce CO2. Le calcul d'erreur, qu'il faut mener, montre une dispesion de plus de 100ppm des résultats. Avez-vous vu un décompte des erreurs de ces mesures?. J'aimerais tant diffuser sur ce sujet quelques pages des vieux enseignements avec des images d'expériences à conduire pour rétablir une vérité de bon sens. A votre disposition, il n'y a que 4 pages trés aérées.
commentaire n° : 55 posté par : François TATARD le: 17/04/2008 12:00:32
Cher 49 - C'est pire que cela puisque celanéglige le fait qu'en plus du fameux CO2 des bulles d'air, iln faut ajouter celui qui est dissous dans l'eau. Tant que ce taux n'atteint pas un litre de XCO2 pour un litre d'eau, il ne peut pas y avoir de CO2 dans les bulles d'air^.
Ces infantilismes "scientifiques" font honte d'être Français
commentaire n° : 56 posté par : François TATARD le: 17/04/2008 12:04:11
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