Sécheresses et inondations, canicules et pluies torrentielles : telle est la prédiction de la majorité des modèles de circulation générale (GCM) pour notre siècle. Sous l'effet du réchauffement climatique, les précipitations deviendraient plus intenses là où elles sont déjà soutenues, et les sécheresses s'aggraveraient encore là où elles sévissent déjà. Une récente comparaison de 9 modèles utilisés dans l'AR4 2007 du GIEC montre cependant que ceux-ci sont incapables de simuler la réalité 1960-2000. Laquelle semble bien plus paisible que l'extrémisme modélisateur.
Dans le cadre du Programme pour le diagnostic et l'intercomparaison des modèles (PCMDI), Claudia Tebaldi et ses collègues ont analysé la manière dont les modèles prévoient les futurs changements des événements météorologiques extrêmes. Neuf modèles de circulation générale (GCM) utilisés dans le nouveau rapport du GIEC (AR4 2007) sont concernés par cette intercomparaison.
L'intérêt de ce papier n'est pas tant dans ces projections - les auteurs soulignent au passage que "le consensus et la significativité des tendances sont moins forts quand les évolutions régionales sont concernées" (ce qui est bien dommage pour l'adaptation humaine, dont l'échelle est régionale et non globale). En fait, le principal intérêt réside dans la comparaison des modèles et des observations sur la période 1960-2000. Après tout, si un modèle doit prévoir notre avenir, on s'attend à ce qu'il soit d'abord capable de reproduire le passé et le présent.
On trouvera ci-dessous le tableau de synthèse publié par Tebaldi et al. Il est assez éloquent :
• Canicules : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Jours secs : tendance à la baisse dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Intensité des précipitations : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Précipitations extrêmes (> 95e percentile) : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.

Ainsi, les quarante dernières années ont été relativement paisibles malgré le "réchauffement exceptionnel" et les "signes avant-coureurs de la catastrophe à venir". Les modèles, quant à eux, ne sont pas capables de reproduire les tendances réelles des phénomènes les plus graves (canicules, sécheresses, précipitations extrêmes), et ils ont tendance à systématiquement noircir le tableau.
Les modèles se trompent sur 1960-2000. Pourquoi devrait-on se fier à leur projection 2000-2100 ?
Références
Tebaldi, C., K. et al. (2006), Going to the extremes. An intercomparison of model-simulated historical and futre changes in extreme events, Climatic Change, 79, 185-21.
(Le texte pdf, anglais, peut être chargé sur cette page)
Dans le cadre du Programme pour le diagnostic et l'intercomparaison des modèles (PCMDI), Claudia Tebaldi et ses collègues ont analysé la manière dont les modèles prévoient les futurs changements des événements météorologiques extrêmes. Neuf modèles de circulation générale (GCM) utilisés dans le nouveau rapport du GIEC (AR4 2007) sont concernés par cette intercomparaison.
L'intérêt de ce papier n'est pas tant dans ces projections - les auteurs soulignent au passage que "le consensus et la significativité des tendances sont moins forts quand les évolutions régionales sont concernées" (ce qui est bien dommage pour l'adaptation humaine, dont l'échelle est régionale et non globale). En fait, le principal intérêt réside dans la comparaison des modèles et des observations sur la période 1960-2000. Après tout, si un modèle doit prévoir notre avenir, on s'attend à ce qu'il soit d'abord capable de reproduire le passé et le présent.
On trouvera ci-dessous le tableau de synthèse publié par Tebaldi et al. Il est assez éloquent :
• Canicules : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Jours secs : tendance à la baisse dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Intensité des précipitations : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.
• Précipitations extrêmes (> 95e percentile) : aucune tendance dans le réel ; tendance à la hausse dans tous les modèles.

Ainsi, les quarante dernières années ont été relativement paisibles malgré le "réchauffement exceptionnel" et les "signes avant-coureurs de la catastrophe à venir". Les modèles, quant à eux, ne sont pas capables de reproduire les tendances réelles des phénomènes les plus graves (canicules, sécheresses, précipitations extrêmes), et ils ont tendance à systématiquement noircir le tableau.
Les modèles se trompent sur 1960-2000. Pourquoi devrait-on se fier à leur projection 2000-2100 ?
Références
Tebaldi, C., K. et al. (2006), Going to the extremes. An intercomparison of model-simulated historical and futre changes in extreme events, Climatic Change, 79, 185-21.
(Le texte pdf, anglais, peut être chargé sur cette page)
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