A savoir

Climat Sceptique est le seul site francophone présentant toutes les données scientifiques du débat climatique. Faites-le connaître autour de vous !

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Suite et fin de l’analyse critique du Résumé pour décideurs GIEC 2007, avec les projections 2100. Elles sont plus optimistes que celles du rapport AR3 2001, en contraste évident avec la montée en puissance de l’alarmisme médiatique depuis quelques années. Nota : ces articles sont susceptibles d’être mis à jour, en fonction de nos lectures ou des critiques que vous pourrez apporter dans la fonction commentaire et qui seront, le cas échéant, intégrées dans le texte.


A retenir :

• Les projections des températures 2100 sont encore plus imprécises dans l’AR 2007 (1,1-6,3°C) que dans l’AR3 2001 (1,4-5,8 °C), ce qui indique la médiocre performance des modèles climatiques.

• Les valeurs données comme les plus probables pour les scénarios les plus réalistes (1,8-3,4°C) sont en baisse par rapport aux estimations 2001, en accord logique avec la baisse moyenne des estimations de la sensibilité climatique.

• Ces projections tiennent compte uniquement des effets anthropiques supposés sur le climat. Elles ne nous disent pas grand chose du climat réel 2100, lequel sera aussi influencé par les facteurs naturels (soleil, volcan) ignorés des modèles.

• Les projections de hausse du niveau de la mer sont elles aussi en baisse : 18-59 cm au lieu de 9-88 cm dans l’AR3 2001. C’est une bonne nouvelle, notamment pour ceux qui avaient pris au sérieux le documentaire de fiction d’Al Gore.

• Ces données sont commentées ici parce qu'elles font l'actualité des sciences du climat. Mais sur le fond, nous considérons l'idée selon laquelle les modèles climatiques actuels seraient capables d'effectuer des projections crédibles pour 2100 comme une vaste auto-illusion des chercheurs. Les incertitudes liées à la pauvreté des observations, à la grossièreté des grilles, à la paramétrisation d'un grand nombre de phénomènes fondamentaux dans le bilan énergétique, à l'évolution démographique, technologique et économique de l'humanité sont telles que ces résultats seront probablement regardés dans quelques années à quelques décennies comme une double manifestation de l'orgueil scientifique et de la crédulité publique.



GIEC : tableau des projections 2100 selon les différents scénarios d’émission.

Commentaire :

• Les prévisions des températures de surface pour 2100 s’échelonnent désormais sur une fourchette 1,1-6,3 °C. L’incertitude est donc supérieure à celle de l’AR3 2001 (1,4-5,8 °C).

• Pour compenser cette fâcheuse dispersion, les auteurs du Résumé pour décideurs ont décidé cette année de donner leurs « meilleures estimations ». Celles-ci varient de 1,8 à 4,0 °C, et la fourchette haute est donc nettement en baisse par rapport à 2001. Le scénario A1FI est généralement considéré comme irréaliste (il prévoit 970 ppm de CO2, 3413 ppb de CH4, un forçage anthropique total de 9,14W/m2, etc.). Si l’on s’en tient aux scénarios réalistes (B1 à A2), la fourchette restreinte est désormais de 1,8-3,4 °C.

• On peut douter que ces « meilleures estimations » aient le moindre sens. En effet, les projections de températures 2100 intègrent désormais un couplage avec des modèles de cycle du carbone. Non seulement ces derniers ajoutent de l’incertitude, mais ils sont surtout dans l’enfance. A titre d’exemple, on a récemment montré que le picoplancton joue un rôle important dans la capture océanique du carbone, que les sols des forêts boréales assimilent encore aujourd’hui une fraction du carbone organique du Holocène, que les sols des forêts anciennes continuent d’assimiler le carbone, que les plantes émettent du méthane lors de leur croissance… Ces quelques observations ont été faites dans l’année écoulée et ne sont évidemment pas implémentées dans les modèles du cycle du carbone utilisés par le GIEC. Plus généralement, ceux-ci doivent intégrer la biosphère (puisqu’elle échange en permanence le carbone avec l’atmosphère ou l’assimile dans les sols), entreprise évidemment présomptueuse. Savoir comme la végétation terrestre, la faune euphotique ou les microbes du sol vont évoluer dans les 100 ans à venir sous l’effet du surcroît de CO2 et de chaleur dépasse largement les capacités des modèles d’écosystème et de biologie des populations.

• Sans les modèles du cycle du carbone, la rapport complet (SD-10.3) indique une fourchette de 1,77-3,01°C pour les scénarios B1 à A2. On voit que la valeur supérieure est encore plus clairement en baisse.

• Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, les températures 2100 proposées par le GIEC ne reflètent pas la réalité attendue à cette date. Ces projections concernent en effet uniquement l’effet des forçages anthropiques, mais n’incluent pas les évolutions (imprévisibles) des forçages naturels, à savoir le volcanisme et l’irradiance solaire. A titre d’exemple, un fort volcanisme associé à une baisse de l’irradiance solaire pourraient diminuer de 0,5 à 1°C les projections du GIEC. L’inverse est vrai, bien sûr. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas le climat que les modèles GCMs projettent, mais uniquement les modifications humaines du climat.

• Il est à noter que la non-prise en compte des variations solaires, des usages des sols ou du volcanisme concerne la très grande majorité des modèles. Ainsi, ce tableau extrait du Rapport complet (SD-10.2.1), où les colonnes de droite indique que les facteurs sont considérés comme constant (Const) ou même ignorés (--). Plus inquiétant encore, la légende laisse entendre que certains modèles ignorent ces facteurs pour simuler le XXe siècle… Pas étonnant dans ces conditions de conclure que les gaz à effet de serre mènent la danse.

• Concernant enfin le niveau des mers, la nouvelle estimation du GIEC 2007 est une hausse de 18 à 59 cm pour 2100, 18 à 51 cm pour les scénarios les plus réalistes (B1-A2). Là encore, ces valeurs sont en baisse par rapport à l’AR3 2001 : 9-88 cm. Le GIEC ne tient pas compte des incertitudes liées à la fonte du Groënland et de l’Antarctique – un aveu que les modèles glaciologiques sont assez impuissants à simuler les réalités observées. Nous sommes bien sûr très éloignés des 6 mètres avancés dans un documentaire de fiction à la mode (ce chiffre serait atteint selon le Résumé pour décideurs si le Groënland conservait ses températures 2100 pendant au moins un millénaire).

Nota : les mentions SD renvoient au Second Draft du rapport complet du GIEC, suivies des chiffres des chapitres et paragraphes concernés.
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus