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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Climatalogue d’Etat (Alabama), John Christy est professeur de Science atmosphérique à l’Université de Huntsville, Alabama (UAH). Il y dirige également le Earth System Science Center. Avec son confrère Roy Spencer, John Christy gère l’une des deux bases de données internationales de mesure des températures de l’atmosphère (voir article à ce sujet). Il a accepté de répondre à nos questions.

Quel est exactement votre travail pour obtenir des données fiables depuis les satellites ?
Le Dr Roy Spencer, qui travaille avec moi à l’UAH, collecte les données numériques originales depuis les séries des satellites en orbite et les traduit en températures. Il applique les corrections nécessaires selon le niveau de dérive des satellites. Je récupère ces analyses, j’accomplis des ajustements supplémentaires pour tenir compte du réchauffement propre aux composants des satellites et je combine l’ensemble pour obtenir une donnée unique de température. Ce travail a commencé le 6 novembre 1978.

Quelle est la principale leçon de ces 27 années de données ?
Les données satellite ont des avantages très importants, à commencer par le tableau global qu’elles procurent. Mais elles ont aussi des problèmes délicats, qui sont parfois difficiles à identifier et tout aussi difficile à corriger.

Qu’en est-il du débat de la communauté scientifique concernant la différence entre les températures de surface et celles de l’atmosphère ?
Il existe toujours un fossé entre ces deux séries de températures. Les données UAH indiquent que la troposphère se réchauffe plus lentement que la surface (0,13 contre 0,17 °C par décennie), mais cela peut s’inscrire dans la marge d’erreur (+/- 0,5°C par décennie). Ainsi, bien que la magnitude de la différence soit mesurable, nous ne pouvons lui attribuer un haut niveau de confiance.

Les régions tropicales semblent particulièrement concernées par ce débat. Pourquoi ?
Dans les Tropiques, la différence entre les données de surface et des satellites est plus large, de l’ordre de 0,06°C par décennie (0,07 contre 0,13 °C par décennie). Les mesures par ballons radiosondes des mêmes couches de l’atmosphère indiquent elles aussi une différence comparable. Le plus intéressant ici est que tous les modèles de simulation climatique suggèrent que la troposphère devrait se réchauffer à un taux 1,3 fois supérieur à celui de la surface. C’est-à-dire, dans ce cas précis, que les modèles prédisent un réchauffement de la troposphère de 0,17°C par décennie, 0,10°C au-dessus de ce qu’enregistrent réellement les données satellites de l’UAH.

Quelles sont les forces et les faiblesses de ces modèles climatiques ?
Les modèles climatiques sont des ensembles très complexes de règles sur la manière dont l’atmosphère devrait se comporter en l’état actuel de nos connaissances, mais ils sont limités par la puissance de traitement informatique. Je pense que les processus décrivant le transport vertical de la chaleur dans ces modèles sont fort peu adéquats, et ils ne donnent pas de bons résultats quand on les compare aux observations.

Une autre équipe (RSS) analyse les mêmes données de satellite. Comment s’expliquent les légères différences de vos résultats ?
Principalement par les corrections apportées pour tenir compte du réchauffement du satellite lui-même et par l’évaluation des changements de température terrestre quand le satellite dérive vers l’Est ou vers l’Ouest.

Quelles estimations de réchauffement global pouvez-vous déduire de vos données ?
Le rythme actuel étant de 0,13°C par décennie, j’estime (et ce n’est qu’une estimation) qu’il sera de 0,15°C par décennie, soit 1,5 °C pour les 100 prochaines années.

Toutes les parties du monde réchauffent-elles de la même manière vues de l’espace ?
L’Arctique est la région qui connaît actuellement le plus fort réchauffement, de l’ordre de 0,44°C par décennie. La région Antarctique est celle qui se refroidit le plus, d’environ 0,11 °C par décennie. Les continents de l’Hémisphère Nord se réchauffent à un rythme plutôt rapide, de l’ordre de 0,27°C par décennie, mais l’Hémisphère Sud n’enregistre que d’imperceptibles changements, +0,04 °C par décennie. La conclusion la plus générale est que le rythme du réchauffement s’accroît à mesure que l’on remonte vers le Nord.
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