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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Une ré-analyse homogénéisée des enregistrements satellitaires de cyclones entre 1983 et 2005 conclut qu'il n'existe aucune tendance globale à la hausse d’intensité au cours des 23 dernières années. Le seul bassin où cette tendance est observée est l'Atlantique tropical, mais il représente moins de 15 % des cyclones annuels. Malgré cela, les premiers communiqués de presse annoncent la confirmation triomphale du lien entre réchauffement climatique et intensité des cyclones. Big Brother is warming you...

Le réchauffement global entraîne-t-il une hausse d'intensité des cyclones? Le débat fait rage depuis près de deux ans chez les experts de la question (voir notre précédente synthèse). Outre les dimensions théoriques de la question, le premier problème est ici (comme souvent en sciences du climat) la qualité de la mesure du phénomène que l'on veut analyser. L'observation de l'intensité des cyclones, notamment de la vitesse des vents de surface, est inégale selon les bassins. Les méthodes d'enregistrement ont changé, y compris au sein de la période où la mesure se fait par satellite. De sorte qu'avant même de se demander si le réchauffement est cause d'augmentation de l'intensité cyclonique, certains suggèrent que l'on parle peut-être dans le vide (Landsea 2006).

Pour remédier à cela, J.P. Kossin et son équipe ont mis au point une nouvelle base de données homogénéisée sur l'ensemble des bassins océaniques tropicaux du globe, à partir des données satellite. 23 années d'observations sont concernées (juillet 2003 à décembre 2005), soit 169.000 enregistrements de plus de 2000 tempêtes tropicales. Toutes ont été traitées avec le même algorithme, contrairement aux "best tracks" servant anciennement de référence.

Résultat : "En utilisant des données homogènes, nous n'avons pas été capables de corroborer l'existence d'une tendance à la hausse dans l'intensité des cyclones au cours des deux dernières décennies dans tout autre bassin que l'Atlantique. Dans la mesure où le bassin Atlantique représente moins de 15 % des cyclones, ce résultat pose un problème à l'hypothèse qui associe directement l'augmentation globale des températures de surface de l'océan tropical à une tendance globale et de long terme dans l'intensité des cyclones".

Sur ce schéma de synthèse, on constate en effet que la réanalyse de Kossin et al. (courbe bleue, UW-NCDC) ne trouve pas de tendance statistiquement significative - s'il y en avait une, ce serait même une légère baisse d'intensité depuis 1983 (PDI = Power Dissipation Index).

Les communiqués de presse ayant rendu compte de cette recherche traduisent étrangement sa conclusion principale. L'Université du Wisconsin (où travaillent Kossin et un co-auteur) titre "De nouvelles informations associent le réchauffement de l'Océan Atlantique à des ouragans plus puissants", et sous-titre : "De nouvelles preuves soutiennent la théorie selon laquelle le réchauffement global a contribué à des cyclones plus intenses". Du côté d'Eurekalert (service de presse de l'AAAS), cela donne en titre : "Nouvelles preuves que le réchauffement global nourrit des ouragans Atlantique plus intenses". Assez étrangement, l'information principale selon laquelle le réchauffement climatique global ne s'est pas traduit par une hausse globale d'intensité des cyclones a disparu des accroches.

Bienvenu dans le nouveau monde orwellien de l'enfer carbonique, où la science doit coûte que coûte confirmer le pire...

Références
Landsea C.W. et al. (2006), Can we detect trends in extreme tropical cyclones?, Science, 313, 452-54.
Kossin J.P. et al. (2007), A globally consistent reanalysis of hurricane variability and trends, Geoph. Res. Lett., 34, L04815.
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