Alors que nous sortons d’un hiver très doux dont les conséquences n’ont rien eu de catastrophiques, au contraire, une étude analyse les relations entre température et mortalité en France. Résultat : les taux de mortalité les plus élevés sont associés aux températures les plus froides, et l’optimum thermique (du point de vue épidémiologique) se situe au-dessus des températures moyennes actuelles de notre pays. Il est peu probable que les médias en parlent : ils préfèrent gloser à l’infini sur les scénarios de science-fiction comme le déferlement à venir de la malaria, dengue ou autres maladies tropicales.
Mohamed Laaidi, Karine Laaidi et Jean-Pierre Besancenot travaillent au Centre universitaire d’épidémiologie des populations de l’Université de Dijon. Les auteurs ont analysé les relations entre température et mortalité dans les années 1991-95, qui n’ont aucune vague notable de froid ou de chaleur susceptible d’affecter les distributions. Six départements ont été choisis : Paris (climat urbain), Finistère (climat océanique), Côte d’Or (climat semi-continental), Hautes-Alpes (climat de montagne), Alpes-Maritimes et Hérault (climat méditerranéen avec régimes de vent et températures extrêmes différents).
Les indices quotidiens de mortalité et de température ont été corrélés sur les cinq années de la période. Il en résulte les courbes suivantes pour la population globale.

Ce sont des courbes en U ou V classiques, où les mortalités les plus importantes sont associées aux températures les plus froides, les chaleurs extrêmes connaissant elles aussi une surmortalité, mais moindre. L’optimum thermique (défini comme la fenêtre de 3°C où la mortalité est la plus faible) va de 14,8-17,8 °C dans l’Hérault à 20,6-23,6°C à Paris, soit plusieurs degrés au-dessus de la température moyenne actuelle de ces départements (la Tm de la métropole se situe actuellement entre 12 et 13°C selon les années). Les maladies cardiaques et respiratoires sont celles dont l’optimum thermique se place aux températures les plus élevés par rapport à d’autres pathologies. Mais pour toutes les maladies étudiées, la mortalité était plus forte pour les plus basses que pour les plus hautes températures.
Ces valeurs françaises d’optimum thermique ne sont guère éloignées de celles trouvées dans d’autres régions ou pays européens : 14,3-17,3°C au Nord de la Finlande, 17,3-20,3 °C aux Pays-Bas, 19-3-22,3 °C à Londres, 19,0-22,0°C en Allemagne du Sud, 16,8-19,8 °C en Italie, 22-25°C en Espagne. Valeurs qui peuvent même être plus élevées dans certains pays tropicaux (26,0-29,0°C à Taïwan).
Conclusion des chercheurs : « le réchauffement relativement modeste (2°C) prédit pour le prochain demi-siècle ne devrait pas augmenter le taux annuel de mortalité ». Dans la mesure où la surmortalité est toujours associée aux températures les plus basses, on peut même s’attendre à ce que le réchauffement ait des conséquences favorables sur la santé de la population française. En dehors des vagues de chaleur dont l’effet peut être meurtrier (été 2003), mais largement atténué par une bonne prévention (été 2006), un réchauffement aurait donc des conséquences globalement positives sur la santé publique.
Référence
Laaidi M. et al. (2006), Temperature-related mortality in France, a comparison between regions with different climates from the perpsective of global warming, Int. J. Biometeor. (2006), 51, 145-53.
Mohamed Laaidi, Karine Laaidi et Jean-Pierre Besancenot travaillent au Centre universitaire d’épidémiologie des populations de l’Université de Dijon. Les auteurs ont analysé les relations entre température et mortalité dans les années 1991-95, qui n’ont aucune vague notable de froid ou de chaleur susceptible d’affecter les distributions. Six départements ont été choisis : Paris (climat urbain), Finistère (climat océanique), Côte d’Or (climat semi-continental), Hautes-Alpes (climat de montagne), Alpes-Maritimes et Hérault (climat méditerranéen avec régimes de vent et températures extrêmes différents).
Les indices quotidiens de mortalité et de température ont été corrélés sur les cinq années de la période. Il en résulte les courbes suivantes pour la population globale.

Ce sont des courbes en U ou V classiques, où les mortalités les plus importantes sont associées aux températures les plus froides, les chaleurs extrêmes connaissant elles aussi une surmortalité, mais moindre. L’optimum thermique (défini comme la fenêtre de 3°C où la mortalité est la plus faible) va de 14,8-17,8 °C dans l’Hérault à 20,6-23,6°C à Paris, soit plusieurs degrés au-dessus de la température moyenne actuelle de ces départements (la Tm de la métropole se situe actuellement entre 12 et 13°C selon les années). Les maladies cardiaques et respiratoires sont celles dont l’optimum thermique se place aux températures les plus élevés par rapport à d’autres pathologies. Mais pour toutes les maladies étudiées, la mortalité était plus forte pour les plus basses que pour les plus hautes températures.
Ces valeurs françaises d’optimum thermique ne sont guère éloignées de celles trouvées dans d’autres régions ou pays européens : 14,3-17,3°C au Nord de la Finlande, 17,3-20,3 °C aux Pays-Bas, 19-3-22,3 °C à Londres, 19,0-22,0°C en Allemagne du Sud, 16,8-19,8 °C en Italie, 22-25°C en Espagne. Valeurs qui peuvent même être plus élevées dans certains pays tropicaux (26,0-29,0°C à Taïwan).
Conclusion des chercheurs : « le réchauffement relativement modeste (2°C) prédit pour le prochain demi-siècle ne devrait pas augmenter le taux annuel de mortalité ». Dans la mesure où la surmortalité est toujours associée aux températures les plus basses, on peut même s’attendre à ce que le réchauffement ait des conséquences favorables sur la santé de la population française. En dehors des vagues de chaleur dont l’effet peut être meurtrier (été 2003), mais largement atténué par une bonne prévention (été 2006), un réchauffement aurait donc des conséquences globalement positives sur la santé publique.
Référence
Laaidi M. et al. (2006), Temperature-related mortality in France, a comparison between regions with different climates from the perpsective of global warming, Int. J. Biometeor. (2006), 51, 145-53.
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