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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Décidément, plus la publication du rapport GIEC / IPCC 2007 approche et plus la température monte. Une nouvelle étude sur le Groënland démontre que les températures récentes n'ont rien d'exceptionnel par rapport aux 100 dernières années. Et les animateurs de Real Climate, site "anthropique" bien connu, sont obligés d'admettre que les modèles ne prévoient pas un réchauffement massif de la région dans les 100 ans à venir, mais au contraire le réchauffement le plus faible des zones terrestres de l'Hémisphère Nord. Alors, pourquoi soutenir les délires catastrophistes d'Al Gore et consorts ?

B.M. Vinther (Institut Niels Bohr, Université de Copenhague) et son équipe viennent de publier une nouvelle reconstruction des températures du Groënland (Vinther 2006). Les auteurs ont repris l'ensemble des données disponibles sur les stations météorologiques du XXe siècle, et ont ajouté des séries de mesures plus anciennes remontant parfois jusqu'en 1784. Un travail salué pour sa qualité et son sérieux.

D'abord, comme on le savait déjà avec d'autres travaux (voir ici notre recension de l'étude de Chylek 2004), les deux dernières décennies du XXe siècle ont été les plus froides (et non les plus chaudes) depuis 1921. Ensuite, la différence entre la moyenne 1891-1900 et la moyenne 1991-2000 est de 0,8°C, c'est-à-dire très comparable à la moyenne globale du réchauffement. Le tableau ci-dessous indique les valeurs saisonnières et annuelles depuis le début du XIXe siècle.

On voit le problème : la presse ne cesse de parler de l'amplification polaire et de son effet catastrophique sur l'Hémisphère Nord. Mais le Groënland évolue finalement de la même manière que le reste de cet Hémisphère Nord. C'est ce que n'a pas manqué de souligner le climatologue Patrick Michaels, sur une tribune du site World Climate Report. A laquelle Gavin Schmidt et Michael Mann ont répondu par un article sur le site Real Climate.

La réponse de ces derniers est très intéressante : ils montrent que les modèles prévoient un réchauffement faible dans l'Atlantique Nord en général, et particulièrement sur les côtes sud du Groënland :
"But if the models don't show much change over the last 100 years, surely the predictions for the future indicate that this area will be hit hard? Again, no. Southern Greenland turns out to have one of the slowest rates of warming of any land area in any of the scenarios (the figure is the mean over all models for the SRES A1B scenario). To some extent, this is again due to the factors mentioned above, but additionally, the models predict that the North Atlantic as a whole will not warm as fast as the rest of globe."

Voilà qui est donc révélateur : la zone qui provoque le plus de crainte pour la fonte des glaces dans l'Hémisphère Nord est celle qui connaîtra la moindre hausse des températures en 2100 selon les modèles. Ce n'est pas ce que disent d'autres documents. Par exemple le très cité Arctic Climate Impact Assessment (ACIA 2004), que nous avions eu l'occasion de critiquer pour ses choix sélectifs de référence sur la climatologie passée de l'Arctique, précisait dans son point-clé n°2 :"Climate models indicate that the local warming over Greenland is likely to be one to three times the global average." Apparemment, il était de bon ton à l'époque de prévoir le pire et d'étendre l'amplification polaire au Groënland (pour les références, voir notre synthèse sur l'Arctique).

Dommage que ces travaux et ces réserves somme toute assez importantes sur l'avenir du Groënland ne soient pas régulièrement rappelés dans les communiqués et articles de presse sur le spectre de la fonte complète de l'inlandsis.  Dommage aussi que les animateurs de Real Climate cautionnent le documentaire d'Al Gore mettant en scène la quasi-disparition du Groënland et une hausse du niveau des mers de 6 mètres. L'ex-futur président des Etats-Unis n'aurait-il pas dû expliquer à son public ce résultat des modèles ? Et dire que le Groënland reste plus froid aujourd'hui qu'au début du XXe siècle ?

Une vérité qui dérange, sans doute. Quand il s'agit de vendre sa propagande, rien de tel qu'un petit mensonge par omission...

Référence
Vinther B. M. et al. (2006), Extending Greenland temperature records into the late eighteenth century, J. Geophys. Res., 111, D11105, doi:10.1029/2005JD006810.
Lien (pdf, anglais) vers l'étude complète de Vinther et al.
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