Les modèles ne parviennent toujours pas à simuler correctement les précipitations dans les zones ascendantes et descendantes des cellules tropicales. Dommage, car c’est ici que se joue une part cruciale du budget énergétique de la future planète réchauffée.
Richard P. Allan et Brian J. Soden ont comparé les prévisions des modèles et les données climatologiques pour les précipitations de la zone tropicale, plus précisément les zones ascendantes et descendantes des masses d’air, à 500 hPa. Les données climatologiques sont issues de différentes sources : Global Precipitation Climatology Project (GPCP), Climate Prediction Center Merged Analysis of Precipitation (CMAP) pour 1979-2006, données satellites SSM/I pour 1987-2006. Côté modèles, onze d’entre eux participant au programme mondial de diagnostic et d’intercomparaison (WCRP-PCMDI) ont été choisis.
Le schéma ci-après synthétise les résultats : en gras et rouge, les observations ; en traits minces, les modélisations. On constate que ces dernières sous-estiment les précipitations dans la branche ascendante de la zone tropicale et surtout les surestiment dans la branche descendante. Le tableau suivant donne les différences numériques entre observations et modélisations (en précipitation et en tendance décennale pour le rapport précipitation/température).


Comme le soulignent les auteurs, il existe donc des « larges divergences » entre le climat réel et sa modélisation. On ne peut exclure aujourd’hui que le biais provienne des bases climatologiques, compte-tenu des problèmes techniques d’enregistrement et d’interprétation des données satellitaires dans les basses couches de l’atmosphère. Et si ces données sont malgré tout robustes, ce que leur convergence incite à penser, on ne peut non plus évaluer la part de la variabilité naturelle du climat par rapport à la variabilité forcée par l’homme. Quoi qu’il en soit, ce nouvel exercice démontre une fois de plus le manque de maturité de la modélisation climatique. La circulation tropicale et son budget énergétique sont un point-clé des évolutions climatiques attendues. Ce point-clé n’est toujours pas modélisé correctement, comme le montraient déjà de nombreuses inercomparaisons sur le cycle régional ou global de l’eau (voir notre article de synthèse). La communauté des modélisateurs devrait avoir ces résultats en tête lorsqu’elle s’adresse aux décideurs et au grand public : pas de précipitation, messieurs et mesdames les Cassandre…
Références
Allan R.P., B.J. Soden (2007), Large discrepancy between observed and simulated precipitation trends in the ascending and descending branches of the tropical circulation, Geophysical Research Letters, 34, L18705, doi:10.1029/2007GL031460.
Richard P. Allan et Brian J. Soden ont comparé les prévisions des modèles et les données climatologiques pour les précipitations de la zone tropicale, plus précisément les zones ascendantes et descendantes des masses d’air, à 500 hPa. Les données climatologiques sont issues de différentes sources : Global Precipitation Climatology Project (GPCP), Climate Prediction Center Merged Analysis of Precipitation (CMAP) pour 1979-2006, données satellites SSM/I pour 1987-2006. Côté modèles, onze d’entre eux participant au programme mondial de diagnostic et d’intercomparaison (WCRP-PCMDI) ont été choisis.
Le schéma ci-après synthétise les résultats : en gras et rouge, les observations ; en traits minces, les modélisations. On constate que ces dernières sous-estiment les précipitations dans la branche ascendante de la zone tropicale et surtout les surestiment dans la branche descendante. Le tableau suivant donne les différences numériques entre observations et modélisations (en précipitation et en tendance décennale pour le rapport précipitation/température).


Comme le soulignent les auteurs, il existe donc des « larges divergences » entre le climat réel et sa modélisation. On ne peut exclure aujourd’hui que le biais provienne des bases climatologiques, compte-tenu des problèmes techniques d’enregistrement et d’interprétation des données satellitaires dans les basses couches de l’atmosphère. Et si ces données sont malgré tout robustes, ce que leur convergence incite à penser, on ne peut non plus évaluer la part de la variabilité naturelle du climat par rapport à la variabilité forcée par l’homme. Quoi qu’il en soit, ce nouvel exercice démontre une fois de plus le manque de maturité de la modélisation climatique. La circulation tropicale et son budget énergétique sont un point-clé des évolutions climatiques attendues. Ce point-clé n’est toujours pas modélisé correctement, comme le montraient déjà de nombreuses inercomparaisons sur le cycle régional ou global de l’eau (voir notre article de synthèse). La communauté des modélisateurs devrait avoir ces résultats en tête lorsqu’elle s’adresse aux décideurs et au grand public : pas de précipitation, messieurs et mesdames les Cassandre…
Références
Allan R.P., B.J. Soden (2007), Large discrepancy between observed and simulated precipitation trends in the ascending and descending branches of the tropical circulation, Geophysical Research Letters, 34, L18705, doi:10.1029/2007GL031460.
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