La majorité des glaciers de la planète recule. C’est notamment le cas dans le massif alpin. Le réchauffement climatique récent est-il coupable ? La (re)lecture d’un classique d’Emmanuel Leroy-Ladurie permet d’en douter.
Parue en 1983, l’Histoire du climat depuis l’an mil d’Emmanuel Leroy-Ladurie est devenue un classique du genre. L’auteur s’y intéresse aux fluctuations lentes du climat et à leurs effets sur la société. Son ouvrage est centré sur le Petit Age Glaciaire, un épisode de froid dans l’Hémisphère Nord surtout sensible entre 1550 et 1850.
Outre les habituels témoignages historiographiques, l’ouvrage de Leroy-Ladurie comporte aussi d’intéressantes comparaisons iconographiques relatives aux glaciers alpins. En voici trois exemples.
Le glacier d’Argentière


La première image est une gravure d’un artiste suisse ou allemand, publiée vers 1850-1860. La seconde image est une photographie prise en 1966. Leroy-Ladurie commente : "Le recul séculaire apparaît intense ; toute la branche inférieure du zig-zag glaciaire est liquidée, laissant apparaître d’énormes roches ci-devant raclées par les glaces. Les moraines se sont couvertes de mélèzes".
Le glacier des Bossons


La première image est une gravure de Winterlin, exécutée vers 1830-1850. La seconde une photographie prise en 1966, sous un angle légèrement différent. Commentaire de Leroy-Ladurie : "Le curieux donjon de séracs, très net sur la gravure […] en avant de la langue glaciaire, disparaît au XXe siècle […] et la forêt gagne sur les moraines et sur les emplacements désaffectés par les glaces".
Le glacier de la Brenva


La première image est un dessin de Jalabert exécuté en 1767. La seconde une photographie datant de 1966. Commentaire de Leroy-Ladurie : "[La photographie] montre aussi, quant au glacier lui-même, l’ampleur du recul contemporain : tout le ‘piedmont’ glaciaire du XVIIIe siècle est liquidé à notre époque, remplacé par une vaste moraine. Le recul est de l’ordre de 750 mètres".
Il est particulièrement intéressant de noter que les secondes prises de vue (photographies) ont été effectuées en 1966. A cette date en effet, le monde connaissait un refroidissement marqué (1940-1970) et les émissions humaines de gaz à effet de serre sont considérées comme insignifiantes pour le climat terrestre. Or, même en phase de refroidissement et sans influence humaine, les glaciers marquent d’importants reculs par rapport aux deux siècles précédents. En fait, il s’agit d’une lente perte des glaces accumulées au cours du Petit Age Glaciaire. Ces amplitudes naturelles n’ont rien à voir avec le réchauffement global. Qui est pourtant le premier coupable désigné lorsque l’on évoque la fonte des glaciers...
Référence
Emmauel Leroy-Ladurie, Histoire du climat depuis l’an mil, Flammarion, Paris, 1983 (Champs-Flammarion, Paris, 2004). Pour commander l’ouvrage (Amazon), cliquez ici.
Parue en 1983, l’Histoire du climat depuis l’an mil d’Emmanuel Leroy-Ladurie est devenue un classique du genre. L’auteur s’y intéresse aux fluctuations lentes du climat et à leurs effets sur la société. Son ouvrage est centré sur le Petit Age Glaciaire, un épisode de froid dans l’Hémisphère Nord surtout sensible entre 1550 et 1850.
Outre les habituels témoignages historiographiques, l’ouvrage de Leroy-Ladurie comporte aussi d’intéressantes comparaisons iconographiques relatives aux glaciers alpins. En voici trois exemples.
Le glacier d’Argentière


La première image est une gravure d’un artiste suisse ou allemand, publiée vers 1850-1860. La seconde image est une photographie prise en 1966. Leroy-Ladurie commente : "Le recul séculaire apparaît intense ; toute la branche inférieure du zig-zag glaciaire est liquidée, laissant apparaître d’énormes roches ci-devant raclées par les glaces. Les moraines se sont couvertes de mélèzes".
Le glacier des Bossons


La première image est une gravure de Winterlin, exécutée vers 1830-1850. La seconde une photographie prise en 1966, sous un angle légèrement différent. Commentaire de Leroy-Ladurie : "Le curieux donjon de séracs, très net sur la gravure […] en avant de la langue glaciaire, disparaît au XXe siècle […] et la forêt gagne sur les moraines et sur les emplacements désaffectés par les glaces".
Le glacier de la Brenva


La première image est un dessin de Jalabert exécuté en 1767. La seconde une photographie datant de 1966. Commentaire de Leroy-Ladurie : "[La photographie] montre aussi, quant au glacier lui-même, l’ampleur du recul contemporain : tout le ‘piedmont’ glaciaire du XVIIIe siècle est liquidé à notre époque, remplacé par une vaste moraine. Le recul est de l’ordre de 750 mètres".
Il est particulièrement intéressant de noter que les secondes prises de vue (photographies) ont été effectuées en 1966. A cette date en effet, le monde connaissait un refroidissement marqué (1940-1970) et les émissions humaines de gaz à effet de serre sont considérées comme insignifiantes pour le climat terrestre. Or, même en phase de refroidissement et sans influence humaine, les glaciers marquent d’importants reculs par rapport aux deux siècles précédents. En fait, il s’agit d’une lente perte des glaces accumulées au cours du Petit Age Glaciaire. Ces amplitudes naturelles n’ont rien à voir avec le réchauffement global. Qui est pourtant le premier coupable désigné lorsque l’on évoque la fonte des glaciers...
Référence
Emmauel Leroy-Ladurie, Histoire du climat depuis l’an mil, Flammarion, Paris, 1983 (Champs-Flammarion, Paris, 2004). Pour commander l’ouvrage (Amazon), cliquez ici.
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