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Résister au réchauffement médiatique !

Les températures battent chaque année des records, les glaces fondent partout, la hausse du niveau des mers s'accélère, les événements extrêmes se multiplient, les peuples premiers sont menacés, les espèces vont disparaître en masse... tout cela par la faute de l'homme, de l'émission des gaz à effet de serre, du réchauffement climatique global qui en résulte. Ce grand récit vous est familier ? Oubliez-le.

Malgré le bombardement permanent de nouvelles alarmistes présentées comme autant d’évidences scientifiques, il n’existe aujourd’hui aucun consensus chez les experts du climat. Vous désirez aller au-delà des effets d’annonce ? Connaître les tenants et aboutissants du climat présent et à venir ? Découvrir la face cachée du débat climatique ? Bienvenue sur Climat Sceptique, le blog de résistance à l’air (réchauffé) du temps. Il est animé par Charles Muller, auteur et journaliste scientifique. Et ouvert à toutes les compétences.

Précision importante : il n’existe aucun conflit d’intérêt dans les textes que vous allez lire. Ce site ne bénéficie pas des subsides des industries de l’énergie fossile. Ni des subventions de gouvernements soucieux de légitimer leurs choix politiques. Ni de dons d’organisations écologistes désireuses de faire progresser leur cause. Bref, nous sommes pauvres, mais libres.

Bonne lecture.
Depuis 1979, le Global Precipitation Climatology Project surveille les précipitations de manière continue et globale, par la collecte et la comparaison des données de plusieurs satellites, et leur vérification par relevés in situ. Les premières données viennent de tomber : pas d'augmentation globale et moyenne des précipitations sur les 26 dernières années. Le contraire de ce que prévoyaient les modèles climatiques du GIEC.

Dans son résumé à l'intention des décideurs, le GIEC (2001) notait :
"Les changements concernant le niveau de la mer, la couverture neigeuse, la superficie des glaces et les précipitations sont révélateurs d’un réchauffement du climat près de la surface de la terre. Ces changements incluent, par exemple, un cycle hydrologique plus actif avec augmentation des fortes précipitations et des modifications des profils des précipitations..."

Plus loin, il est encore dit :
"Les précipitations moyennes annuelles à l’échelle mondiale devraient augmenter au cours du XXIe siècle, même si à l’échelle régionale, les augmentations et diminutions prévues sont de l’ordre de 5 à 20 %. Il est probable que les précipitations augmenteront en été et en hiver sur les régions aux latitudes supérieures. Des augmentations sont également prévues en hiver pour les latitudes nord moyennes, en Afrique tropicale et en Antarctique, et en été en Asie australe et orientale. Des diminutions des précipitations hivernales sont prévues pour l’Australie, l’Amérique centrale et l’Afrique australe. Très probablement, les variations des précipitations interannuelles seront plus importantes sur la plupart des régions pour lesquelles on prévoit une augmentation des précipitations moyennes."

Ainsi, les modèles du GIEC font une équation simple : plus de réchauffement donne plus d'évaporation donne plus de précipitation moyenne, avec d'assez fortes variations régionales. A dire vrai, cela semble tomber sous le sens. Cette rétroaction positive de l'augmentation de vapeur atmosphérique est aussi l'une des conditions importantes pour prévoir l'évolution des températures, puisqu'elle est censée accroître l'effet de serre et augmenter la sensibilité climatique au doublement de CO2.

Nous avons déjà discuté d'une récente étude (Huntington 2006), faisant état d'une telle augmentation des précipitations, dans des proportions cependant très faibles (+2% d'augmentation globale au XXe siècle). Mais ce travail était une méta-analyse de précédentes recherches, n'apportant pas de mesures nouvelles.

Une nouvelle recherche de Smith et al., parue dans les Geophysical Research Letters, vient d'apporter des données plus précises, quoique plus limitées dans le temps. Elles résultent du Global Precipitation Climatology Project, qui a l'avantage de surveiller les précipitations de manière continue et globale, par la collecte et la comparaison des données de plusieurs satellites, et leur vérification par relevés in situ.

Petit problème : cette étude a priori plus exacte que les précédentes ne trouve aucune tendance globale significative sur la période 1979-2004.

Voici ce que disent les auteurs du travail dans l'abstract :
“The Global Precipitation Climatology Project (GPCP) has produced a combined satellite and in situ global precipitation estimate, beginning 1979. The annual average GPCP estimates are here analyzed over 1979–2004 to evaluate the large-scale variability over the period. Data inhomogeneities are evaluated and found to not be responsible for the major variations, including systematic changes over the period. Most variations are associated with El Niño/Southern Oscillation (ENSO) episodes. There are also tropical trend-like changes over the period, correlated with interdecadal warming of the tropical SSTs and uncorrelated with ENSO. Trends have spatial variations with both positive and negative values, with a global-average near zero.

Et voici ce qu'ils résument conclusion :
"The merged satellite and in situ GPCP global precipitation annual averages were examined for 1979–2004. Most variations are associated with ENSO and have no trend. A separate mode of variation shows a trend over the period. Testing indicates that this trend is significant and is not caused by data inhomogeneities. The trend mode is associated with simultaneous tropical SST variations over the period, with increased tropical precipitation over the Pacific and Indian Oceans associated with local warming of the SSTs. Increased precipitation in some regions is balanced by decreased precipitation in other regions, and the global average change is near zero. Although the trend mode is strong for this period, the record length is barely long enough to begin evaluation of interdecadal variations.”

Bref : la variabilité des précipitations est surtout associée à El Niño, on trouve une tendance vers un peu plus de précipitations sur les mers tropicales des océans Pacifique et Indien, vers un peu moins de précipitations ailleurs. Le changement global sur la période concernée est à peu près nul. Rien dans cela ne ressemble donc pour l'instant aux prédictions régionales et globales du GIEC.

26 années, c'est peut-être encore un peu court pour dessiner avec certitude une tendance (prudence qu'il faut avoir dans tous les domaines, ce qui n'est pas le cas de la prose alarmiste). Mais ces 26 années-là rassemblent quand même la décennie 1990 et le début des années 2000, dont on nous a assez répété sur tous les tons qu'elles étaient les plus chaudes du dernier siècle, du dernier millénaire et probablement des deux derniers millénaires. Il est donc assez étonnant que ce quart de siècle de réchauffement élevé et continu ne  vérifie pas les prédictions des modèles sur les précipitations.

On se retrouve alors avec plusieurs possibilités :
- ces nouvelles données satellite du GPCP ne sont pas fiables (pourquoi pas, cela n'en fera jamais qu'une de plus dont on remet en question la validité pour cause de contradiction du réel avec les modèles, et de prééminence accordée à ces derniers malgré leurs défauts) ;
- l'augmentation des précipitations se fera à partir d'un certain seuil de réchauffement (mais on se demande pourquoi, vu que le modèle physique de base relie simplement surcroît de chaleur et surcroît d'évaporation, le premier étant effectif depuis 1979) ;
- les associations réchauffement-précipitation constatées au XXe siècle et prévues au XXIe siècle par les modèles ne sont pas exactes.

Pour l'instant, cette dernière hypothèse paraît la plus vraisemblable. Et si les modèles se trompent sur les précipitations, quel crédit leur accorder sur d'autres domaines ?

Référence
Smith, T.M., Yin, X. and Gruber, A. (2006), Variations in annual global precipitation (1979-2004), based on the Global Precipitation Climatology Project 2.5° analysis, Geophysical Research Letters, 33, doi :10.1029/2005GL025393.
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